Pays-Bas : une nouvelle « euthanasie en duo »

5 Juil, 2024

Jan Faber et Els van Leeningen, un couple néerlandais de 70 et 71 ans, sont morts le 3 juin suite à une « euthanasie en duo ». Les époux étaient mariés depuis près de 50 ans.

Des maux de dos et un état de démence

Jan Faber, qui travaillait comme opérateur de cargo, souffrait d’importants maux de dos depuis plus de 20 ans. L’intervention chirurgicale pratiquée en 2003 n’avait pas réussi à le soulager, et il avait été contraint d’arrêter de travailler.

Alors que son épouse travaillait encore comme institutrice, les limitations physiques de Jan Faber, et la diminution de leur qualité de vie, ont conduit le couple à rejoindre NVVE, l’organisation néerlandaise pour le « droit à mourir ». « J’ai vécu ma vie, je ne veux plus souffrir » a expliqué l’époux.

En 2018, après sa retraite, Els van Leeningen a, elle, commencé à présenter des premiers signes de démence. Elle a été officiellement diagnostiquée en novembre 2022, et son état s’est progressivement aggravé.

Le médecin généraliste du couple, comme beaucoup de médecins aux Pays-Bas, s’est interrogé sur leur demande d’euthanasie. Il était réticent en raison de la démence de sa patiente, qui peut créer une incertitude quant à sa capacité à consentir (cf. Pays-Bas : des personnes euthanasiées seulement en raison de leur déficience intellectuelle).

Une décision difficile à accepter pour leur fils

« Il n’y a pas d’autre solution » considérait l’épouse. Le couple s’est donc adressé au Centre d’expertise sur l’euthanasie. En moyenne, il accepte environ un tiers des demandes d’euthanasie qu’il reçoit.

Avant leur mort, Els van Leeningen et Jan Faber ont passé la journée avec leur fils et leurs petits-enfants. « Je me souviens que nous étions en train de dîner ce soir-là et j’avais les larmes aux yeux en nous regardant tous dîner ensemble pour la dernière fois » a indiqué leur fils qui a eu du mal à accepter la décision de ses parents (cf. Euthanasie : quelles conséquences pour les proches ?).

Deux médecins ont simultanément pratiqué les injections mortelles du couple.

Les euthanasies de couples en hausse

En 2023, 9 068 personnes sont mortes par euthanasie aux Pays-Bas, ce qui représente 348 personnes de plus qu’en 2022 (cf. Pays-Bas : en 2023, 5,4 % des décès étaient des euthanasies). Parmi les 8 720 personnes euthanasiées en 2022, 29 étaient des couples. En 2021, 16 couples sont décédés ainsi, alors qu’ils étaient 9 en 2018.

En février 2024, Dries Van Agt, l’ancien Premier ministre, a eu recours à « l’euthanasie en duo » avec son épouse Eugénie van Agt-Krekelberg (cf. Pays-Bas : l’« euthanasie en duo » de l’ancien Premier ministre et de sa femme). Le couple avait une santé fragile depuis un certain temps, l’épouse ayant subi une hémorragie cérébrale en 2019.

Les Pays-Bas et la Belgique ont été les premiers pays européens à légaliser l’euthanasie en 2002 (cf. Euthanasie aux Pays-Bas : « Regardez ce pays et vous verrez peut-être la France de 2040 »).

Aux Pays-Bas, un médecin et un expert indépendant doivent conclure que le patient présente des souffrances insupportables, et sans possibilité d’amélioration. Le désir de mort doit en outre être « mûrement réfléchi » et affirmé de plein gré. Dans le cas d’un couple, ces conditions doivent être réunies pour les deux patients, et évaluées par deux médecins différents.

 

Source : Daily mail, Elena Salvoni (01/07/2024) – Photo : Pixabay

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