Les médecins face à la fin de vie

Publié le : 18 mars 2014

 Alors que le Comité consultatif national d’éthique doit rendre ses conclusions sur la fin de vie dans le courant du mois de mai, Le Quotidien du Médecin fait le tour des pratiques médicales en fin de vie par une interview des Drs F. Chaussoy, E. Debost et E. Kariger (1). 
Interrogés sur l’idée qu’ils se font de la mort, les Drs F. Chaussoy, E. Debost et E. Kariger défendent l’idée qu’elle « fait partie de la vie et partant, que leur rôle de médecin n’est pas de sauver la vie coûte que coûte, parfois au prix de l’obstination déraisonnable, mais de respecter une personne« . Pour le Dr Kariger, le « cure« , le « toujours plus » « n’est [parfois] pas la bonne réponse pour préserver la dignité« . Tous saluent la Loi Léonetti car elle « lutte contre l’obstination déraisonnable, sanctuarise la collégialité de la décision, protège les médecins et instaure les directives anticipées« . Elle « permet de travailler correctement » précise le Dr Chaussoy. Pour autant, ils suggèrent une discussion sur le sujet des directives anticipées (DA). Le Dr Chaussoy mentionne: « On fait bien un testament, on donne des consignes pour être enterré ou incinéré. Mais il faut aussi préciser comment on voit sa fin« . Cependant, « les médecins ne sont pas favorables à leur opposabilité« , précise la journaliste. En effet, explique le Dr Kariger: « Je crois à la responsabilité du médecin, son rôle est de pondérer les DA, intellectuellement fortes, en les intégrant dans un tout, comprenant la souffrance et le ressenti du malade, de la personne de confiance, des proches et les avis des médecins« . 

Si certains avancent que la loi Léonetti ne règle pas toutes les situations, s’appuyant sur le conflit familial du cas de V. Lambert, le Dr Kariger estime au contraire que « notre arsenal juridique et technique est suffisant pour 99,99% des cas« . Il s’interroge donc sur la nécessité d’une autre loi. Pour lui, un « permis de tuer » est « contraire aux règles humanistes et sociales de base, il préfère s’en remettre à la responsabilité du médecin« .

Au sujet de la néonatalité, le Pr A. Lapilonne2, appelle à une réflexion approfondie. Bien qu’il considère qu’ « une sédation terminale pourrait être d’un grand recours » lorsque les situations de fin de vie des nouveau-nés durent plusieurs semaines ou mois, il estime « nécessaire de continuer de travailler sur les modalités plus raisonnables et humaines de la fin de vie des nouveau-nés, sans qu’elles soient forcément intégrées dans la loi« . Il en appelle à l »émission de recommandations par les sociétés savantes comme la société française de néonatalogie. 

(1) Dr E. Kariger, médecin de Vincent Humbert contre « l’euthanasie active » sauf en cas de situation exceptionnel. Dr E. Debost, médecin de Chantal Sébire, favorable à l’exception d’euthanasie et le Dr F. Chaussoy, médecin de Vincent Lambert, favorable à la sédation terminale ou à une exception d’euthanasie.
(2) Professeur dans le service de néonatalogie à l’Hôpital Necker-Enfants Malades

<p> Le Quotidien du Médecin (Coline Garré) 17/03/2014</p>

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