Les « glissements » qui ont mené au clonage

Publié le 8 Jan, 2003

François Beaulé du Devoir (Montréal – Canada) explique que le clonage « n’a pas surgi du néant » mais qu’il est le « résultat d’une construction scientifique et technique associée à des glissements immoraux successifs ».
Un des reproches faits au clonage humain est le grand nombre d’embryons nécessaires pour parvenir à un embryon viable. Pourtant, souligne François Beaulé, depuis 20 ans, par la pratique de la fécondation in vitro, de nombreux embryons créés mais non réimplantés sont également « sacrifiés » et par l’avortement volontaire des millions de foetus sont détruits chaque année. François Beaulé remarque que pourtant « les gens qui s’opposent encore à cette pratique sont taxés de fanatisme par les bien-pensants de la modernité ».
Il explique que ce qui rend le clonage immoral c’est le caractère volontaire et délibéré de reproduire un homme à l’identique. Comme l’avortement est immoral quant « il est le résultat d’un choix libre de la part d’une femme ou d’un couple qui pourrait faire autrement ».
Ainsi, « la tolérance malsaine que nous, citoyens, membres d’une société, avons face au nombre très élevé d’avortements volontaires et notre perception favorable de la fécondation in vitro ont ouvert la voie de ceux qui, poussés par un narcissisme maladif, souhaitent se faire cloner ».
Si une législation universelle pour interdire le clonage est nécessaire, elle doit s’accompagner d’une « recherche de cohérence morale qui devrait nous faire remettre en question d’autres aspects modernes de la reproduction humaine auxquels nous nous sommes habitués trop vite et à tort ».

Le Devoir 08/01/03

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