Les essais de “FIV à trois parents” en passe d’être autorisés au Royaume-Uni, en dépit de l’inefficacité de la technique

Publié le 30 Nov, 2016

Le Royaume-Uni pourrait prochainement devenir le premier pays à autoriser la naissance d’enfants issus de « FIV à trois parents ». Et ce, en dépit des inquiétudes persistantes quant à son inefficacité (cf. L’efficacité de la « FIV à trois parents » contestée par des dhercheurs américains).

 

La HFEA[1] a expliqué le 30 novembre, qu’après 20 ans de recherches, la procédure était prête pour un test clinique limité. Elle s’apprête à prendre une décision officielle à ce sujet le 15 décembre. Le Parlement britannique avait légalisé le remplacement mitochondrial en 2015, mais la HFEA, qui est chargé des régulations concernant cette technique, avait demandé un complément de recherches avant d’autoriser les essais cliniques. Pour les médecins de la fertilité, la naissance à Mexico d’un bébé issu d’une FIV a 3 parents (cf. Naissance du premier « bébé à trois parents » : un précédent dangereux et irresponsable et Naissance des suites d’une « FIV à trois parents » : réactions), rend urgente cette autorisation.

 

Pour autant, l’étude publiée aujourd’hui dans Nature montre que la technique, dont l’objectif est de permettre d’éviter la transmission de maladies liées aux mitochondries défectueuses de la mère, ne prévient pas toujours les maladies mitochondriales. Il est possible qu’un petit nombre de mitochondries mutantes, la plupart du temps moins de 2% du total des cellules, soient aussi transférées. Un phénomène appelé, le « carry-out » qui n’est pas sans conséquences : les mitochondries mutantes surpassent parfois celles du donneur sain. En effet, les chercheurs ont étudié le transfert nucléaire en utilisant les ovocytes  de 4 femmes ayant des mutations mitochondriales pour créer 15 embryons. Les lignées de cellules souches cultivées de 3 de ces embryons étaient dominées par les mitochondries défectueuses de la mère, ce qui signifierait que des tissus malades pourraient être trouvés chez l’enfant né de cette technique. Des scientifiques ont suggéré que les donneuses soient sélectionnées en fonction de leur ADN compatible avec celui de la mère pour prévenir le problème. Une méthode de sélection qui n’écarte cependant pas le risque.

 

[1] UK Human Fertilisation and Embryology Authority.

Science ; Nature (Ewen Callaway) 30/11/2016

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