Le don d’ovocytes oublié dans le débat bioéthique ?

Publié le : 16 décembre 2010

Le gynécologue obstétricien François Olivennes publie un article dans Le Monde.fr où il regrette que les débats autour des questions de bioéthique ne portent pas davantage sur le don d’ovocytes. Réagissant aux divisions au sein du parti socialiste au sujet de la gestation pour autrui (GPA), dont il se dit partisan de la légalisation, il estime que les médias se focalisent surtout sur les mères porteuses ou l’homoparentalité en occultant la "réalité méconnue" qu’est le don d’ovocytes, "problème que rencontre prioritairement aujourd’hui un très grand nombre de femmes infertiles". S’il y a 25 ans, le don d’ovocytes était destiné au femmes ayant subi des traitements contre le cancer, on a ensuite "très vite découvert qu’il permettait de contourner la douloureuse limitation de la reproduction chez les femmes dites ‘âgées’". Aujourd’hui, le désir d’enfant des femmes intervenant à un âge de plus en plus élevé et la plus grande fréquence des remariages entraîne une demande croissant "de façon exponentielle".

Selon lui, le projet de loi de bioéthique propose un statu quo qui qui bloque de fait le don d’ovocytes. Ce dernier est gratuit en France contrairement à certains pays offrant un "dédommagement" aux donneuses d’ovocytes. La situation française ne permet pas de répondre au "problème de société qu’est aujourd’hui l’accession des femmes à la maternité" et "au fait que le don d’ovocytes représentera de plus en plus souvent la seule option du traitement de l’infertilité". Pour François Olivennes, il est urgent de créer une commission de réflexion à ce sujet pour éviter le départ de nombreuses femmes à l’étranger.

Enfin, François Olivennes déplore l’éventuelle suppression de la révision de la loi de bioéthique tous les cinq ans. Cela ne permettra pas de "se pencher sur les sujets de bioéthique à la lumière de l’évolution de la société" et fera de la France "l’une des nations européennes les plus rétrogrades en matière de reproduction". La fin de cette révision quinquennale "serait une victoire des tenants des positions rétrogrades et des puissants lobby chrétiens" qui ont un regard critique sur les méthodes de procréation assistée.

Le Monde.fr 13/12/10

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