Le Conseil de l’Europe nierait-il la pratique de l’infanticide néonatal ?

Publié le : 24 novembre 2014

La pratique de l’infanticide néonatal ne relèverait pas de la compétence du Conseil de l’Europe. C’est ce qu’a estimé le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, M. Nils Muinieks, le 19 novembre dernier, à la veille de la journée internationale des droits de l’enfant. Ainsi, il a refusé de rencontrer les quatre ONG [1] qui l’ont interpellé le 1er novembre dernier sur ce thème. A ce sujet, Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, publie une tribune.

 

Chaque année, précise G. Puppinck, nombreux sont les enfants qui « naissent vivants lors d’avortement, en particulier quand ils sont pratiqués au-delà de la vingtième semaine de grossesse« . Le plus souvent, poursuit-il, ces enfants « sont abandonnés à la mort sans soins, luttant pour respirer pendant parfois plusieurs heures, ou tués par injection létale ou asphyxie, puis jetés avec les déchets biologiques« . Ces faits sont tirés de données officielles mais également de témoignage de sages-femmes. 

 

Selon un article publié dans le British Journal of Obstetrics and Gynecology, « à 23 semaines de gestation, le taux d’enfants survivants à l’avortement atteint 10%« .

 

Ainsi, les quatre ONG souhaitaient rencontrer le Commissaire aux droits de l’homme pour lui demander de « réaffirmer que tous les êtres humains nés vivants, ont le même droit à la vie et aux soins de santé, sans discrimination fondée sur les circonstances de leur naissance, conformément aux droits de l’homme« . Mais pour M. Nils Muinieks, la compétence de Commissaire aux droits de l’homme « ne couvre pas les questions soulevées » par ces ONG. Pourtant, en janvier 2014, ce même commissaire avait pris publiquement position « contre les avortement sélectifs en fonction du sexe en demandant leur interdiction pénale« , souligne G. Puppinck qui estime par conséquent que ce refus « est une honte et manifeste un consentement tacite à l’infanticide et aux traitements inhumains« .

 

Une solution reste encore possible, termine le président de l’ECLJ : la saisine de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe « qui pourrait peut-être avoir le courage d’affronter ce sujet et de suppléer aux manquements du Commissaire et du Comité des Ministres. » Une saisine que prévoit de faire l’ECLJ conformément à l’article 65 du Règlement de l’Assemblée et qui peut être faite par tout citoyen afin que le Président et le Bureau de l’Assemblée inscrivent ce sujet à son ordre du jour. 

Et pour appuyer cette demande, G. Puppinck lance un appel à signer une pétition afin de dénoncer la pratique des infanticides néonatals et y mettre fin. 

 

[1] Les quatre ONG sont les suivantes: le bureau international catholique de l’enfance, l’Union mondiale des organisations féminines catholiques, la Fédération des associations familiales catholiques en Europe et le Centre européen pour le droit et la justice.

<p>Famille Chrétienne (Grégor Puppinck) 19/11/2014 - Zenit.org (Grégor Puppinck) 21/11/2014</p>

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