L’avortement, seule réponse « efficace » face à l’épidémie Zika ?

Publié le : 8 février 2016

L’ONU « a demandé vendredi aux pays touchés par le virus Zika, soupçonné de provoquer des malformations congénitales, d’autoriser l’accès des femmes à la contraception et à l’avortement ».

 

L’épidémie se répand depuis l’Amérique latine, dans des pays où l’avortement n’est pas dépénalisé (cf. Avortement : Zika remet en cause les législations restrictives d’Amérique latine et Epidémie Zika : Une ONG propose l’avortement par la poste).  L’OMS a décrété lundi dernier que cette épidémie constituait « une urgence de santé publique de portée internationale ». Les gouvernements de Colombie, Salvador, Equateur ont « conseillé d’éviter toute grossesse ». Cécile Pouilly, porte-parole du Haut commissariat aux droits de l’Homme, s’est indignée : « Comment peuvent-ils demander à ces femmes de ne pas tomber enceintes mais ne pas leur offrir la possibilité d’empêcher la grossesse ? »

 

Le virus, transmis par le « moustique-tigre », est « soupçonné de provoquer l’apparition de microcéphalies, une malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec un cerveau anormalement petit ». Le lien n’est toutefois pas encore clairement établi, il est « possible » et en cours d’évaluation.

 

Zeid Ra’ad Al Hussein, commissaire de l’ONU au droits de l’homme a, quant à lui appelé les gouvernements à « s’assurer que les femmes, les hommes et les adolescents ont accès à des services et des informations de qualité sur la santé et la reproduction, sans discrimination », via « le droit à la contraception, aux soins maternels et à l’avortement dans un environnement sécurisé ».

 

Ces déclarations « mettent l’accent sur les conséquences au lieu de mobiliser contre les causes », analyse Guillaume Goubert dans un édito de La Croix. En outre, « en présentant l’IVG comme une réponse à l’éventualité d’un handicap pour l’enfant, le HCDH se fait l’avocat d’une forme d’eugénisme difficile à faire coïncider avec son engagement ‘envers les idéaux universitaire de la dignité humaine’ ».

 

Pourtant, intervenant à l’issue d’une réunion samedi matin avec les responsables de la Santé, Juan Manuel Santos, Président de la République de Colombie, a souligné qu’aucun cas de microcéphalie du fœtus n’avait à ce jour été enregistré chez des femmes enceintes contaminées par le virus. Au Brésil, « un groupe de militantes, avocats et médecins ont lancé une bataille légale auprès de la Cour suprême pour qu’elle l’autorise dans des cas de microcéphalie et quand des femmes enceintes ayant attrapé le Zika ne veulent pas mener à terme leur grossesse ». Dans ce même pays le cardinal-archevêque de São Paulo a « clairement condamné l’avortement pour microcéphalie, car personne ne peut décider de la vie et de la mort d’un être humain ». Suite à la déclaration de l’ONU vendredi, le cardinal péruvien Juan Luis Cipriani a pour sa part comparé l’organisation a « Hérode », « qui a trouvé opportun de décrété la mort, que doivent avorter tous ceux qui en ce moment ont un enfant, parce qu’il y a ce danger qui ne s’est pas complètement manifesté. Mais, face au doute, tous morts ».

<p>AFP (5/02/2016) ; Le Figaro (7/02/2016); La Croix (8/02/2016)</p>

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