L’agriculture a-t-elle besoin des OGM ?

Publié le : 27 janvier 2004

Aujourd’hui les cultures transgéniques représentent  67,7 millions d’hectares dans le monde, concentrées à 99 % dans six pays (États Unis, Argentine, Canada, Brésil, Chine, et Afrique du Sud). En Europe, le comité de la sécurité alimentaire n’a pas réussi à se mettre d’accord pour autoriser la mise sur le marché d’un maïs transgénique.
Les États Unis ou l’Argentine cultivent depuis des années des plants génétiquement modifiés. Cela devrait permettre de tirer des leçons et d’éclairer le point de vue de l’Europe. Or certains espoirs en termes d’économie d’engrais par exemple semblent s’amenuiser.
Les pays réticents comme la France expliquent que l’agriculture européenne diffère du modèle des grandes exploitations à l’américaine où l’on fait fait de la monoculture. Pourtant 70 % des 400 000 hectares de betteraves pourraient être intéressés par des cultures transgéniques car le désherbage, délicat et coûteux, est très difficile à maîtriser. La betterave supportant le désherbant permettrait de diminuer le nombre de passages de produits pour éradiquer les mauvaises herbes.
l’Inra (l’Institut national de la recherche agronomique) a essayé de calculer les bénéfices potentiels du recours aux OGM en France pour le colza ou la betterave. Il en ressort de cette étude des économies non négligeables en matière de désherbage (35 % pour le colza, 28 % pour la betterave).  » C’est avec le colza que le maximum de bénéfice est attendu, mais c’est le plus mauvais candidat au regard du risque de pollution génétique, c’est à dire du croisement avec d’autres crucifères sauvages » reconnaît l’un des auteurs de l’étude.
 
Il s’est produit aux USA, une réaction écologique prévisible dite  » de basculement de flore »  près des cultures d’OGM : les plantes les plus sensibles ont disparu des horizons OGM, mais ont cédé leurs places à des espèces moins sensibles. Ces mauvaises herbes résistantes au désherbants finissent ainsi par proliférer et donc il faut augmenter les doses d’herbicides.

Autres problèmes liés à la coexistence des différentes cultures en Europe : Comment éradiquer les repousses de maïs dans des champs consacrés, quelques années après, à d’autres cultures?

Depuis 1998, les espagnoles cultivent des OGM en plein champ sans prendre de précaution particulière. Aujourd’hui ces cultures représentent 32 000 hectares soit 7 % de la production nationale.

<p>La Croix 27/01/04</p>

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