« L’âge deviendrait en somme un privilège »

Publié le : 7 septembre 2020

« Que veut dire prendre de l’âge ?, interroge Laure Adler. Est-ce un destin biologique ? Est-ce une expérience transmissible ? Est-ce une calamité ? » Dans une interview pour le journal le Monde, l’essayiste, « ancienne directrice de France Culture, aujourd’hui productrice et animatrice de L’Heure bleue sur France Inter », affirme que « dans une multitude de domaines, scientifique, philosophique, artistique, seul un certain âge permet l’abandon – et la licence – nécessaires à la poursuite de ses profondes intuitions ». « L’âge deviendrait en somme un privilège, un ferment de création, la plage de tous les possibles », estime-t-elle. « J’atteins un rivage où le temps m’apparaît au contraire presque illimité », confie l’essayiste. « Et où les mots « chance« , « cadeau« , « bénef«  s’imposent ».

« En première ligne », elle témoigne de « la douleur d’avoir une mère en Ehpad [qui l’]étreint constamment ». « Et je n’ai pas encore eu le temps de penser le départ de mon père, décédé dans la chambre d’à côté pendant le confinement », révèle-t-elle. Alors, à 70 ans, Laure Adler dénonce « une société réactionnaire, violente et méprisante envers ses vieux ». « Une société archaïque qui les exclut et les ghettoïse, signe infaillible de l’échec d’une civilisation. Une société cruelle qui stigmatique la vieillesse, l’associe à la dégénérescence et la condamne au rebut. » « Je vous assure, et il faut faire passer le message aux jeunes : dans chaque vieux subsiste une irrépressible jeunesse. »

 

Source : Le Monde, Annick Cojean (06/09/2020)

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