L’affaire Eluana Englaro secoue l’Italie : un combat médical et politique

Publié le : 1 mars 2009

Eluana Englaro, cette jeune italienne de 38 ans plongée dans le coma à la suite d’un accident de voiture il y a 17 ans, est morte, lundi 9 février 2009, privée d’alimentation et d’hydratation pendant 3 jours, après un long combat judiciaire qui a secoué toute l’Italie. A la demande du père d’Eluana, formulée depuis 1999, la Cour d’appel de Milan autorise, le 9 juillet 2008, la suppression de l’alimentation de la jeune femme ; le parquet fait aussitôt appel auprès de la Cour de cassation mais celle-ci rejette l’appel en novembre 2008. Dès lors, le gouvernement, l’Eglise et de nombreuses organisations tentent tout pour sauver Eluana d’une mort certaine.

 

Combat médical pour sauver Eluana

 

Le ministre des Affaires sociales, Maurizio Sacconi, rappelle qu' »Eluana n’est pas en état de mort cérébrale ni soumise à un acharnement thérapeutique, elle est seulement alimentée et hydratée par une sonde, condition dans laquelle se trouve de nombreux handicapés« . 

 

Le président de l’Ordre des médecins de Milan affirme qu’une telle décision de justice autorisant le débranchement d’Eluana représente une lourde interférence dans le code déontologique des médecins et va bien au delà des pouvoirs judiciaires. 25 neurologues universitaires et du service sanitaire national écrivent au procureur général de la Cour d’appel de Milan, au président de la République et au gouvernement pour qu’ils bloquent « l’exécution de ce qui ressemble de plus en plus à une sentence de condamnation à mort« . Enfin, le cardinal Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour les affaires sanitaires, lance un appel pour que soit arrêté « cet abominable assassinat« .

 

Combat politique contre la montre

 

Le 3 février 2009, Eluana est transférée dans une clinique privée d’Udine, dans le nord du pays, où une équipe médicale s’est constituée pour « débrancher » la jeune femme alors même qu’au mois de décembre 2008 le ministre des Affaires sociales avait adressé une mise en garde aux établissements qui accepteraient d’accueillir Eluana pour la « débrancher » et promulgué une ordonnance interdisant aux hôpitaux publics de suspendre les soins.

 

Le 6 février, premier jour d’arrêt d’hydratation d’Eluana, le gouvernement de Silvio Berlusconi adopte un décret d’urgence pour garantir à toute personne l’alimentation et l’hydratation, mais le président de la République, Guiorgio Napolitano, refuse de le signer en raison de certains aspects « inconstitutionnels« . Silvio Berlusconi convoque alors le Parlement afin de faire adopter la loi en seulement deux ou trois jours.

 

Mais, le lundi 9 février, Eluana Englaro meurt et, si cette mort n’a pu être empêchée, les dirigeants de la majorité annoncent qu’ils poursuivront malgré tout l’examen du texte. L’affaire n’est pas classée…

 
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