La Suisse relance le don d’organes dit « à cœur arrêté »

Publié le : 4 septembre 2015

Pratiqué en Suisse jusqu’en 2007, le don d’organes sur cœur arrêté[1] avait été suspendus suite à une révision de la loi sur la transplantation qui avait donné lieu à « des incertitudes sur leur légalité ».

 

Après la mise en vigueur d’une nouvelle loi en juin dernier, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) devraient être prêts à relancer un  programme en septembre. Ils seront suivis par le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) « courant de l’automne ».

 

Ces prélèvements, comme l’explique le médecin adjoint au Service de soins intensifs des HUG, concernent essentiellement des personnes « en soins intensifs, dans un état catastrophique et sans rémission possible, sans pour autant être en mort cérébrale ». Quand les médecins jugent que plus rien ne peut être fait pour ces patients, « ils proposent alors à la famille d’arrêter tous les traitements, sauf palliatifs, afin de laisser la personne mourir ».

 

Ce type de prélèvement n’est pas sans poser des questions éthiques, la décision, en raison de la « brièveté du temps à disposition pour le prélèvement » doit en effet être prise alors que le patient est encore vivant : « Le risque est que les proches voient dans l’arrêt des soins une décision opportuniste destinée à favoriser le prélèvement des organes ». D’autres défis sont à relever, liés notamment au temps qui s’écoule entre l’arrêt des traitements et le décès qui peuvent rendre les organes inutilisables, ou encore « les interventions à effectuer sur le patient donneur avant son décès, afin de préserver ses organes ».

 

Avec ce nouveau programme, les hôpitaux suisses, qui doivent faire face à une importante pénurie d’organes, espèrent trouver 20 à 30 donneurs supplémentaires par an, soit une augmentation de 10 à 20%.

 

[1] Les prélèvements d’organes post mortem sont aujourd’hui très majoritairement effectués chez des patients décédés d’une lésion du cerveau, dont la circulation sanguine et la respiration sont maintenues artificiellement. Dans le cas du don d’organes sur cœur arrêté, les prélèvements d’organes sont effectués chez des patients dont le cœur a cessé de fonctionné avant le cerveau, à l’inverse de ce qui se passe le plus couramment.

<p>Le Temps (Pascaline Minet) 03/09/2015</p>

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