La parthénogenèse : une alternative au clonage thérapeutique ?

Publié le 1 Fév, 2002

La parthénogenèse est une reproduction à partir d’œufs non fécondés. Une équipe américaine dirigée par Michael West (ACT) et Kathleen Grant vient de réussir à isoler dans des embryons parthénogénétiques de singe une lignée de cellules souches qui semblent être aussi pluripotentes que les cellules souches embryonnaires normales. Sous l’influence de traitement, on envoi à l’œuf le signal qu’il a été fertilisé par le spermatozoïde et l’œuf commence alors à se développer en embryon. Celui-ci est pourvu d’une quantité normale d’ADN mais qui provient uniquement de la mère.

La lignée de cellules souches embryonnaires des singes ainsi obtenues seraient capable de se renouveler in vitro en maintenant son stade indifférencié. Ces cellules pourraient aussi sous l’influence de protocoles spécifiques se différencier en une grande variété de types cellulaires. Selon les chercheurs cette approche parthénogénétique ne produit et ne détruit pas un embryon d’être normal viable et de ce fait ne soulève pas de polémique autour du clonage thérapeutique. Le Dr West souhaiterait tenter cette expérience avec des ovules de femme.

Aux Etats-Unis où le débat sur le clonage fait rage au sein du Sénat, certains opposants font valoir un travail du Dr Catherine Verfaillie qui démontrerait «la multipotentialité de cellules souches adultes de la moelle osseuse ».

Pour Axel Kahn, la parthénogenèse représente une solution idéale pour contourner le clonage thérapeutique. Il considère en effet que « ce que l’on qualifie d’embryon parthénogénétique, en réalité, n’est pas un embryon ». En revanche, Didier Sicard, président du CCNE estime que si à l’heure actuelle cette méthode ne permet pas d’aboutir à un bébé viable, nul ne peut prédire de ce qu’il adviendra dans l’avenir. Pour lui ces embryons sont « de vraies humains potentiels ».

 

Il ajoute « en court-circuitant le hasard de la rencontre entre 2 gamètes, l’humanité recule de façon dramatique. Il faut cesser de croire aveuglement que la recherche du but thérapeutique autorise le gommage de tous les risques propres aux nouvelles technologies ».
Cette approche soulève 2 questions majeures : premièrement, dire qu’un embryon anormal n’est pas un embryon n’est pas exact. Deuxièmement, cette solution ne résout en rien les problèmes de compatibilités immunitaires en cas de greffes (ndlr).

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Quotidien du Médecin (Véronique Nguyen) 01/02/02 – Le Monde (Jean-Yves Neau) 02/02/02 – Libération (Corinne Bensimon) 2-3/02/02 – Cybersciences 05/02/02

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