La mort et la médecine

Publié le : 26 septembre 2003

Après avoir été placée en garde à vue pour « tentative d’assassinat » sur son fils, Vincent, mercredi soir (cf. revue de presse du 25/09/03), Marie Humbert a retrouvé la liberté afin d’être hospitalisée. Le jeune homme se trouve toujours dans un profond coma, en réanimation à Berck sur Mer.

Le père de Vincent a déclaré jeudi qu’il approuvait « totalement » le geste de son ex-femme. Le frère aîné de Vincent a fait part de son « immense tristesse » de voir les médecins « s’acharner encore » pour réanimer son frère.

Que risque aujourd’hui Marie Humbert ? Si son fils décède elle sera poursuivie pour assassinat cequi peut en théorie et au maximum lui valoir une peine de prison à perpétuité. Cette issue semble peu probable en raison de l’émotion soulevée par le cas de Vincent.

 

Le ministre des Affaires sociales, François Fillon a proposé « d’ouvrir un débat pour modifier notre législation ». L’UMP propose « un système législatif repensé sur la question de l’euthanasie ». Julien Dray, enfin, porte-parole du PS a déclaré que mourir, « c’est un droit qu’on doit pouvoir donner à des gens ».

Dans l’éditorial de La Croix, Bruno Frappat souligne que c’est à chacun dans sa conscience de mesurer ce qui relève de la compassion, de la tendresse ou de l’irrespect du caractère sacré de la vie. Il explique que la médiatisation de cette affaire devient une propagande en faveur de l’euthanasie.

Jean-Pierre Tarot, anesthésiste réanimateur à l’hôpital Saint Louis, opposé à la légalisation de l’euthanasie rappelle que la première responsabilité dans cette affaire est d’ordre médical en ayant « laissé cette situation exister puis se développer… ». « Cette médiatisation et ce type de voyeurisme rendent tout impossible […] et parviennent à nous faire perdre nos repères et à rendre toute aide impossible » ajoute t-il.

De son côté, le Docteur Véronique Fournier qui dirige à l’hôpital Cochin, un centre d’éthique clinique spécialisé dans l’aide aux prises de décisions en bioéthique souligne dans Le Monde que le caractère exceptionnel de la situation impose de ne pas s’en servir comme prétexte pour réclamer une dépénalisation de l’euthanasie.

 

Rappelons que le Comité national consultatif d’éthique (CCNE) avait recommandé en janvier 2000 la reconnaissance par la loi d’une exception d’euthanasie tout en maintenant l’interdit du meurtre.

<p>La Croix (Marianne Gomez) 26/09/03 – Libération (Haydée Sabéran – Eric Favereau) 26/09/03 – Le Figaro (Alice Sedar – Astrid de Larminat) 26/09/03 – Le Monde (Jean-Yves Nau – Sandrine Blanchard – Cécile Prieur) 26/09/03 – Le Nouvel Observateur 26/09/03 – Le Parisien (Corinne Thebault) 26/09/03</p>

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