La Master-class Jérôme Lejeune vue par les étudiants en médecine : un tremplin éthique

Publié le : 5 juin 2020

Pour Priscille Heude et Paul Chanzy, étudiants en 3ème année de médecine à l’Université de Paris-Descartes et respectivement des Promotions Vincent Lambert 2018-2019, et Wanda Blenska 2019-2020, la Master-class Jérôme Lejeune représente un tremplin éthique indispensable dans leur cursus.

 

Qu’avez-vous apprécié dans la Master-Class Jérôme Lejeune ?

Priscille : J’ai beaucoup aimé la façon dont était structurée l’année : les cours d’anthropologie et de philosophie qui ont rythmé le premier trimestre nous ont donné quelques bases pour apprendre à penser, par exemple à discerner un acte bon en bioéthique. Nous avons ensuite pu appliquer cela tout le long de l’année à travers des sujets concrets et d’actualité. Ces cours m’ont beaucoup plu, et m’ont encore plus ouvert les yeux sur les enjeux éthiques et moraux auxquels nous allons être confrontés en tant que médecin. J’ai alors vraiment réalisé combien il était difficile, et même dangereux, d’exercer un tel métier sans avoir les clés pour choisir le bien.

Paul : Effectivement, médecins, philosophes et juristes se sont succédé pour, chacun dans leur domaine, nous apporter un éclairage. J’ai été marqué par cette diversité des intervenants, leur compétence et leur sens pédagogique : la finesse de leur raisonnement et la clarté de leur discours nous rendaient accessibles ces enjeux complexes. Deux fois dans l’année, les « Samedi de la Bioéthique » nous ont permis de profiter également de la diversité des étudiants pour discuter des enjeux des début et fin de vie, et de leurs implications concrètes dans nos vies professionnelles respectives.

 

Pourquoi cette formation vous semble-t-elle nécessaire aujourd’hui ?

Paul : A la faculté, nous avons peu l’occasion de travailler en si petits effectifs. C’est une vraie chance de pouvoir poser simplement et sans filtre toutes les questions qui nous interpellent pendant et après les cours. J’achève la formation en ayant le sentiment d’avoir fait le tour d’une multitude de sujets, en étant à chaque fois allé au fond des choses.

Priscille : Aujourd’hui, à l’université, nous sommes formés beaucoup plus sur le plan technique qu’humain : les cours d’infectiologie, de neurologie et de pédiatrie se succèdent, mais on ne prend pas vraiment le temps de réfléchir à l’essence même du soin et de l’accompagnement, ni aux enjeux soulevés par ces pathologies et leurs traitements.

 

Quelles sont pour vous les implications immédiates et à long terme de ces enseignements ?

Priscille : En début de deuxième année, j’ai réalisé un stage en maternité pendant lequel j’ai vu des médecins devoir faire des choix dans des situations compliquées. J’ai assisté à un staff (réunion quotidienne des soignants) de diagnostic anténatal qui a soulevé de nombreuses questions sur le début de la vie. Il y avait notamment le cas d’un bébé presque à terme dont on avait découvert fortuitement à l’échographie qu’il avait l’aorte à droite. Simple malformation cardiaque ou signe d’une maladie génétique rare et létale ? Seul un lourd séquençage génétique permettait de poser un diagnostic certain, et donc de mieux prendre en charge l’enfant à la naissance, mais aussi de proposer une IMG aux parents s’ils trouvaient la pathologie trop lourde. Était-il alors juste de réaliser cet examen, car d’une part il aurait fallu le faire dans un temps record, et d’autre part cela risquait de révéler d’autres mutations, potentiellement pathogènes ? Ne risquait-t-on pas alors d’ouvrir une sorte de boîte de Pandore, qui ne servirait que la cause eugéniste, en quête d’un « bébé parfait » ? Quelques mois plus tard, la Master Class Jérôme Lejeune m’a apporté un début de réponse : les cours, notamment celui sur Le fœtus comme patient, ou encore sur Le statut de l’embryon, ont nourri la réflexion suscitée par ce stage.

Paul : L’actuelle crise sanitaire m’a donné l’occasion d’exercer comme aide-soignant dans un EHPAD. J’ai été frappé de découvrir le quotidien des résidents et les importants traitements qu’ils prennent plusieurs fois par jour. Certains d’entre eux nous demandaient pourquoi des mesures d’isolements et des médications aussi strictes leur étaient imposées alors qu’ils se savaient au terme de leur vie. La question de l’obstination déraisonnable et de la lutte sociétale contre la mort sautait aux yeux dans cet univers quasi asocial et aseptisé. J’ai également été impressionné de voir le nombre de soignants en faveur de l’euthanasie dans l’univers de l’accompagnement gériatrique. Finalement, la mort naturelle est sacrifiée soit sur l’autel de l’immortalité, soit sur celui du droit à la « dignité », alors uniquement synonyme d’autonomie et d’intégrité physique. Le souvenir des cours reçus à la Master-class Jérôme Lejeune m’a permis de rester plus solide dans mes convictions. J’ai compris que le véritable enjeu est de vivre en actes les idées développées par nos professeurs, notamment Monseigneur Suaudeau ou le Professeur Ducrocq, même si leur application est difficile face à la réalité de la souffrance.

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