La justice britannique autorise les « bébés médicaments »

Publié le 29 Avr, 2005

La plus haute juridiction britannique a autorisé, jeudi 28 avril, le recours aux « bébés médicaments » – conçus pour soigner un frère ou une sœur atteint d’une maladie grave, au terme de plusieurs années de batailles juridiques. Les Law Lords ont confirmé à l’unanimité la décision de la Cour d’appel d’avril 2003 autorisant le recours à cette technique.

En 2001, l’autorité britannique de régulation de la procréation médicalement assistée avait autorisé des parents d’enfants malades gravement atteints à recourir à un diagnostic préimplantatoire accompagné d’un typage tissulaire. Ce typage tissualire permet de choisir  un embryon dont les tissus sont compatibles avec l’enfant malade. Cette méthode accroît les chances de succès de greffe de cellules du cordon ou plus tard de moelle épinière.. 

Dans le cas de la famille Hashmi,  2 grossesses avaient été déclenchées, sans sélection préimplantatoire, pour concevoir un enfant sain, capable de soigner leur fils Zain, atteint d’une maladie génétique grave, la bêta-thalassémie majeure. Lors de la première grossesse, l’embryon, porteur de la maladie, avait été avorté ; la deuxième grossesse, menée à terme, avait donné naissance à un enfant dont les tissus étaient incompatibles avec ceux de Zain. 

"Nous sommes heureux de la clarté que le jugement apporte aux patients" a déclaré un porte parole de l’autorité britannique, indiquant qu’il n’hésiterait pas à accorder des autorisations pour "offrir un traitement face à la maladie".

Selon Joséphine Quintavalle, la fondatrice de CORE (Comment on Reproductive Ethics), la décision des Lords ouvre la voie « à la création de bébés qui sont du bon sexe, (qui ont) la bonne couleur de cheveux ». « C’est exactement le scénario de bébés faits sur mesure que le pays a en horreur ».

Les mouvements anti-avortements se sont également dits « attristés » par cette décision. « La décision d’aujourd’hui … nous amène un peu plus loin sur la pente glissante de la création d’êtres humains pour donner des pièces détachées à d’autres » a déclaré l’organisation LIFE.

Le Monde.fr 29/04/05 – Libération 29/04/05 – Le Nouvel Observateur (Joël Ignasse) 29/04/05 – La Croix (Denis Sergent) 02/05/05 – Famille Chrétienne (Maryvonne Gasse) n°1426 14-20/05/05

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