La fécondation in vitro (FIV) en question

Publié le : 1 mars 2010

Plus de trente ans après la naissance de Louise Brown, le premier bébé-éprouvette, des études mettent en garde contre les risques de la fécondation in vitro (FIV).

 

Risques médicaux

 

L’implantation de plusieurs embryons engendre un fort taux de grossesses multiples avec tous les risques qu’elles entraînent de fausse-couches, de diabète et de maladies cardiaques chez la mère ; de prématurité, de faible poids à la naissance et de problèmes de santé à long terme chez l’enfant (obésité, diabète de type 2, hypertension, etc.). Selon l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS)1, on constate plus de malformations du tube neural lors de grossesses après fécondation in vitroque lors de grossesses normales. Une étude publiée dans la revue de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE)2 a montré que les femmes ayant recours à une FIV avaient quatre fois plus de risques de donner naissance à un enfant mort-né. Enfin, le risque de grossesse extra-utérine est plus élevé avec l’utilisation d’embryons congelés.

 

Au vu de ces risques, la Human Fertilization and Embryology Authority (HFEA)3 a demandé aux cliniques britanniques de n’implanter qu’un seul embryon dans l’utérus maternel. Les embryons surnuméraires sont congelés, pratique qui soulève de graves problèmes éthiques.

 

Ethique et cryoconservation

 

Mgr Suaudeau, directeur scientifique de l’Académie pontificale pour la vie, expose ces problèmes éthiques dans un entretien accordé à Liberté Politique4.

 

Il note tout d’abord qu’un embryon n’est pas fait pour être dans une éprouvette à -196°, mais a pour ordre naturel de se développer selon le plan inscrit dans son génome. Le maintien des embryons par cryoconservation dans un état d’animation suspendue constitue ainsi une offense grave à la dignité de ces embryons. Les techniques de congélation et décongélation comportent en outre un risque important pour leur intégrité et leur survie.

 

Par ailleurs, le décalage chronologique qui existe entre le moment de la fécondation des ovocytes et le moment où ces embryons font l’objet d’un nouveau projet procréatif ouvre la porte à toutes les fantaisies du désir : grossesses très tardives, après séparation des parents ou décès du conjoint. Les parents biologiques à qui les embryons appartiennent légalement n’ont plus conscience d’avoir à accueillir un enfant, mais la conviction de « posséder ces embryons » et d’avoir sur eux un droit de vie et de mort.

 

La majorité des embryons surnuméraires ne font plus l’objet de projets parentaux. Abandonnés, ils suscitent la convoitise d’expérimentateurs peu scrupuleux et risquent d’être utilisés comme matière première commerciale dans un trafic d’embryons lucratif. Leur destruction serait alors considérée comme un moindre mal.

 

Enfin, la banalisation de la cryoconservation des embryons humains entraîne une perte de conscience de la valeur profonde de ces petits êtres, de leur merveille et notamment de l’extraordinaire mécanisme épigénétique de leur développement.

 

1- AAAS. 2010 Annual Meeting, Children of Assisted Reproductive Technologies : Their Health and New Genetic Issues, 22/02/10 
2– K. Wisborg, H.S. Ingerslev, T.B. Henriksen, « IVF and Stillbirth : a prospective follow-up study » in Revue de la Société européenne de reproduction et d’embryologie humaines, 23/02/10 
3– HFEA, HFEA Statement on Elective Single Embryo Transfer (eSET) guidelines, 03/09/08 
4- Mgr Jacques Suaudeau, « La face cachée des fécondations in vitro » in Liberté Politique, 19/02/10

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