Jean-Claude Seknagi : aujourd’hui sorti du coma, il aurait pu être “débranché”

Publié le 9 Juin, 2022

En janvier dernier, Jean-Claude Seknagi, 70 ans, est hospitalisé en réanimation. « Donné pour mort par la communauté médicale », il fait alors l’objet d’une décision de limitation ou arrêt des thérapeutiques (dite « LAT ») en cas de complications. Sa famille s’y oppose : pétition, puis recours en justice  (cf. “Euthanasie et obstination déraisonnable ne sont que les deux faces d’une même illusion”). Début avril, le tribunal administratif de Montreuil donne raison au plaignant (cf. France : La justice suspend une décision d’arrêt des soins). Quelques semaines plus tard, il est « extubé » ; il reprend conscience. Encore alité aujourd’hui, il se rétablit et « devrait bientôt quitter le service de réanimation ».

« Miracle ou erreur de diagnostic ? ». L’équipe médicale, l’expert missionné par le tribunal, tous étaient unanimes. Une autre évaluation « conduite par dix professeurs et docteurs spécialistes des troubles de la conscience » concluait dans le même sens. Jean-Claude Seknagi « illustre les limites de nos capacités en situation incertaine » déclare aujourd’hui l’un de ces spécialistes.

Mais pour l’avocate de la famille, Jean-Claude Seknagi « n’est pas un rescapé ». « Au moment de l’audience début avril, tous les indices allaient dans le sens d’une amélioration de son état de santé. C’était une évidence. Et le temps a joué pour nous » explique-t-elle. « Ne pas s’acharner, cela ne veut pas dire ne pas laisser une chance » complète-t-elle. En outre, lors de l’audience, les médecins, « victimes du système », « ont fait comprendre (…) qu’ils ne pouvaient pas garder tout le monde en réanimation… ». L’avocate plaide pour meilleure formation des médecins, notamment juridique : « Personne n’aimerait être à leur place en pareilles circonstances, reconnaît-elle. Ils sont humains et ils étaient persuadés que leur décision était légitime. Mais ils ont été trop catégoriques. Dans un cas comme celui-ci, on parle d’un choix irréversible. Et on a besoin d’avoir confiance en l’hôpital. »

Source : Le Parisien, Alexandre Arlot (7/06/2022)

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