IVG – contraception : les mesures de Roselyne Bachelot

Publié le : 2 février 2010

Malgré "l’arsenal contraceptif", le taux d’interruptions volontaires de grossesses (IVG) ne diminue pas en France : tel est l’apparent paradoxe mis en évidence par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui remet aujourd’hui un rapport à Roselyne Bachelot. La ministre de la Santé annonce déjà les mesures qu’elle souhaite faire appliquer pour enrayer ce phénomène. La France compte en effet 200 000 avortements par an. Ce paradoxe français serait lié à un manque d’information expliquant l’importance des "accidents de ‘parcours contraceptif’ ".

La ministre de la Santé se dit frappée de constater "que 50% des IVG sont pratiqués chez des femmes qui sont sous contraception, pilule ou stérilet". "Je ne veux pas culpabiliser les femmes qui choisissent d’interrompre leur grossesse !" déclare-t-elle, mais estime qu’il "faut améliorer l’accès et l’information à la contraception".

Le Rapport pointe plusieurs raisons à cette inefficacité contraceptive parmi lesquelles un manque d’éducation sexuelle des jeunes, l’absence de gratuité pour se procurer une contraception pour les jeunes filles, une trop grande rapidité dans la prescription de contraceptifs par les médecins et gynécologues qui devraient adapter celle-ci au profil biologique et psychologique de leurs patientes, et enfin le "problème du tout-pilule". Bien que reconnue efficace, la pilule qui est le contraceptif le plus utilisé, requiert "une stricte observance qui ne convient pas à toutes", de sorte que "prendre la pilule et tomber enceinte est […] possible si l’on est ‘tête en l’air‘ ".  Le stérilet arrive en deuxième position, prescrit principalement aux mères de famille, et seul 1% des femmes choisissent un implant.

Alors que 30 000 IVG sont réalisées sur des mineures chaque année, Roselyne Bachelot annonce la reconduite prochaine de la campagne d’information sur la contraception, et comme le rapport de l’IGAS le préconise, elle se dit favorable à un accès gratuit et confidentiel, pour les jeunes, "au conseil et à la délivrance des produits contraceptifs, en s’inspirant des expériences menées en région". Elle indique donc que "les services scolaires des universités et les sages-femmes vont avoir le droit de délivrer des contraceptifs oraux dans toutes les situations". De plus, "les infirmières scolaires et les pharmaciens pourront, dans quelques semaines, renouveler une ordonnance de pilule sans que les jeunes femmes ne soient obligées d’aller chez le médecin". En concertation avec le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, Roselyne Bachelot veut également "mettre le paquet sur l’information en milieu scolaire" où elle souhaite que les jeunes puissent "trouver le maximum de conseils".

Le quotidien Le Parisien publie également un article intitulé "Journée ordinaire dans un centre d’interruption de grossesse" et relate les propos de Sophie Gaudu, gynécologue-obstétricienne responsable de l’unité d’orthogénie à l’hôpital Cochin-Saint-Vincent-de-Paul. Détenant le "privilège d’aider les autres [femmes] à avoir le nombre de grossesses qu’elles veulent", "Comme dans une épicerie, elle consulte avec un panier en osier. ‘Je mets tout dedans, pilule, éponge, anneau, bâton ou gel contraceptifs, stérilet, spermicide. Et je dis à mes patientes : Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?’ " Une attention particulière est portée afin qu’il y ait "peu de chance qu’une femme qui souhaite se faire avorter croise le ventre rond d’une future mère. Pas la peine de brouiller les images". Lors de la consultation pour mineurs, l’équipe voit régulièrement "passer les mêmes profils déboussolés" : dans ce centre d’IVG, pas moins de 20% des patientes ont moins de 19 ans. Les femmes qui viennent sont aussi "victimes des aléas de la vie" : "Avec la crise, les contraintes sont fortes. Comment garder un bébé quand on est en CDD, que le couple vacille ? Dans leur trajectoire, la contraception est compliquée, pas forcément une priorité. Plus elles sont précaires, plus elles peinent à se protéger d’une grossesse non désirée" explique Sophie Gaudu.

Le Parisien (Corinne Thébault, Alexandra Echkenazi, Claire Chantry) 02/02/10 - Le Monde.fr 02/02/10 - Liberté Politique.com (Pierre-Olivier Arduin) 12/03/2010 - Le Monde (Laetitia Clavreul) 03/02/10 - Le Quotidien du Médecin (Renée Carton) 04/02/10 - Le Monde (Sandrine Blanchard) 04/02/10 - Le Quotidien du Médecin (Renée Carton) 03/02/10 - La Croix (Marine Lamoureux) 03/02/10 - Le Monde.fr (Laelitia Clavreul) 03/02/10 - Lavie.fr (Claire Legros) 02/02/10 - Lepetitjournal.fr (Damien Bouhours) 03/02/10 - L'Express.fr (Valentin Legris) 03/02/10

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