Italie : abandon d’un foetus avorté encore vivant

Publié le 28 Avr, 2010

A l’hôpital calabrais de Rossano en Italie, un foetus est resté en vie après un avortement "thérapeutique" effectué à 22 semaines de grossesse, avant de mourir par manque d’oxygène et de soins un peu plus de 24h après l’interruption de grossesse. Ce cas bouleverse l’opinion italienne. La femme qui le portait s’est rendue à l’hôpital pour mettre fin à sa grossesse le 24 avril 2010, la dernière échographie avait révélé "deux malformations au palais et à une lèvre du foetus". Les médecins ont procédé à l’avortement : "le foetus expulsé a été déposé dans un drap et placé dans un conteneur en attendant qu’il meure. Mais il a continué à respirer". Ce cas n’est pas prévu par la loi italienne, personne n’a l’obligation d’observer son état ou de lui porter secours. Une personne ayant remarqué des mouvements dans le conteneur où se trouvait le foetus, en a parlé à don Antonio Martello, l’aumônier de l’hôpital. Ce dernier va vérifier lui-même le 25 avril au matin : l’enfant est encore en vie mais mourra après peu de temps.

Un avis d’ouverture d’enquête judiciaire par le Procureur de la République de Rossano a été envoyé aux médecins et infirmières de l’hôpital afin de vérifier si les dispositions de la loi 194 ont été transgressées. L’enquête doit établir qui avait la responsabilité de constater le décès de l’enfant et s’il s’agit d’un cas de non assistance. Mgr Elio Sgreccia, président émérite de l’Académie pontificale pour la vie a déclaré qu’au-delà de la loi, dans un tel cas, l’assistance est due au foetus. Il évoque les limites de la loi qui ne prévoit l’intubation et la ventilation que pour des foetus de 23 ou 24 semaines. Selon lui, "le médecin ne doit pas regarder la date mais le fait. Donc si le foetus avorté, volontairement ou accidentellement, est vivant, même si c’est à la limite de la survie, à la limite de la chronologie : il est en présence d’un foetus qui, ou parce qu’il est vigoureux ou parce que les dates n’ont pas été bien calculées, s’en sort vivant, et il est obligé de le faire vivre. la loi doit anticiper cela".

Dans un communiqué paru aujourd’hui dans l’Osservatore Romano, Mgr Santo Marciano, évêque de Rossano-Cariati a déploré "une ‘superficialité arbitraire’ du personnel qui n’a pas tenté de secourir l’enfant". Le cas de ce foetus "doit conduire la société civile à réfléchir sur le caractère dramatique de l’avortement, en tant que suppression d’un être humain, et dans ce cas, sur le caractère illicite de la définition ‘thérapeutique’. En fait, il ne constitue pas un ‘soin’ mais renforce la mentalité eugéniste qui se répand, et qui non seulement augmente le recours à l’avortement, mais pose de sérieuses questions sur le présumé bénéfice pour la santé de la femme et sur la signification naturelle de la maternité". Cette histoire "nous invite aussi à considérer avec quelle facilité on traite de façon inhumaine une personne gravement malformée et simplement pas désirée".

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