Interdiction des phtalates et des parabènes

Publié le 3 Mai, 2011

Le 4 mai 2011, les députés ont adopté en première lecture, par 236 voix contre 222, une proposition de loi du Nouveau Centre interdisant l’utilisation de produits chimiques suspectés d’être des perturbateurs endocriniens : les phtalates, les parabènes et les alkylphénols. Ce vote s’est fait à la surprise générale contre l’avis du gouvernement et de l’UMP et a été accueilli par des applaudissements dans l’hémicycle.

La proposition de loi avait été auparavant rejetée, le 5 avril dernier, par la commission des affaires sociales, et le ministre de la santé Xavier Bertrand avait proposé d’attendre le résultat d’expertises avant toute interdiction (Cf. Synthèse de presse du 18/04/11).

Les phtalates, utilisés pour assouplir le plastique se retrouvent dans de nombreux produits. "On les retrouve partout : dans les eaux de surface, les sols, les sédiments, les poussières, la pluie, mais aussi dans l’air des habitations", précise Marc Chevreuil, de l’École pratique des hautes études. Des études scientifiques ont montré que les phtalates avaient "des effets délétères sur la mise en place du potentiel reproducteur masculin dans l’espèce humaine". Les parabènes, utilisés comme conservateurs dans des cosmétiques, des médicaments et certains aliments, sont également suspectés d’être néfastes à la fertilité masculine et de provoquer des cancers du sein.

Maintenue en l’état, la proposition de loi pourrait avoir des répercussions économiques importantes. "Il faudrait donc l’affiner afin de retenir non des familles de substances mais seulement les composés les plus dangereux", expliquait Yvan Lachaud, rapporteur du texte, lors de son examen par la commission des affaires sociales.

Le Réseau environnement santé a salué le vote de l’Assemblée. "C’est une excellente décision, qui montre que les députés ont pris conscience de l’importance de ces questions et ont su résister au lobby chimique", indique André Cicolella, chercheur en santé environnementale.

Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, sauf si le gouvernement choisit de ne pas l’inscrire. "Mais il ne peut ignorer un vote de la représentation nationale" a déclaré François Sauvadet, député du Nouveau Centre.

Le Figaro (Marielle Court) 04/05/11 – Le Parisien.fr 03/05/11 – Le Point.fr 04/05/11 – Le jdd.fr 03/05/11

Partager cet article

Synthèses de presse

Projet « All of Us » : plus de 275 millions de nouvelles variations génétiques identifiées
/ Génome

Projet « All of Us » : plus de 275 millions de nouvelles variations génétiques identifiées

Une analyse des données génomiques de près de 250 000 personnes a permis d'identifier « plus de 275 millions de ...
Risque de suicide : au-delà de la dysphorie de genre, prendre en compte les antécédents psychiatriques
/ Genre

Risque de suicide : au-delà de la dysphorie de genre, prendre en compte les antécédents psychiatriques

Selon une étude, la dysphorie de genre ne semble pas être un facteur prédictif de la mortalité par suicide lorsque ...
heartache-1846050_960_720

Un protocole pour produire des valves cardiaques à partir de cellules iPS humaines

Des chercheurs ont développé un protocole « efficace » pour induire la différenciation de cellules iPS humaines en cellules valvulaires fonctionnelles ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres