Grossesses non désirées chez les mineures : désaccord ministériel

Publié le : 5 janvier 2010

Le lancement des "chèques contraception" par Ségolène Royal visant à lutter contre les grossesses précoces dans sa région de Poitou-Charentes suscite toujours des polémiques. Ce dispositif prévoit de permettre aux mineurs de se procurer auprès des infirmières scolaires des "chèques pour une consultation chez le médecin et pour se procurer gratuitement la pilule". Or, selon le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, le problème des grossesses précoces est un sujet de société majeur qui "ne peut en aucun cas être réglé par un simple décret (…) car il dépasse largement le cadre de l’école".

 L’Education nationale n’a, ajoute-t-il, pas à " se substituer au Planning familial, seul à même de proposer aux mineurs un moyens contraceptif sans l’avis de leurs parents ". Bien que la consommation de contraceptifs en France soit la plus élevée d’Europe, le nombre des avortements ne baisse pas, stabilisé à " un peu plus de 200 000 IVG par an ". Le recours à l’IVG a même augmenté chez les moins de 20 ans ces dernières années, pour se stabiliser en 2007, où 6% des femmes subissant une IVG étaient des mineures. Les chiffres qui s’élevaient en 2007 à 12 560 avortements pour les mineures de 15 à 17 ans, et à 850 pour les moins de 15 ans inquiètent des associations comme l’Alliance pour les droits de la vie ou encore l’Union des familles laïques (Ufal) qui a demandé une information sexuelle rigoureuse dans les collèges et le " développement des centres de Planning familial sur l’ensemble du territoire ". Le Mouvement français pour le Planning familial jugerait bon qu’en ce qui concerne la contraception, un décret complète la loi du 4 juillet 2001. Si cette loi permet en effet aux mineurs " la consultation anonyme d’un médecin de ville " pour l’obtention d’une contraception sans autorisation parentale, il faut encore poser la question de la gratuité " car les mineures doivent régler la consultation sans se faire rembourser pour ne pas avertir leurs parents ", précise Jacqueline Mazzola, gynécologue au Planning familial de Paris.

Le Figaro (Agnès Leclair) 05/01/10

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