GPA : une « industrie locale » qui prospère en Géorgie

Publié le 18 Nov, 2022

Depuis le début de la guerre en Ukraine, en février dernier, la Géorgie a suscité un « intérêt accru » en matière de gestation par autrui. La pratique dans ce pays pauvre du Caucase a déjà connu un essor en 2015 lorsque l’Inde a interdit la pratique aux étrangers, puis lorsque l’Union européenne a supprimé l’exigence de visa il y a 5 ans.

Des prix bas et une loi permissive

Depuis 1997, date à laquelle la GPA a été légalisée dans le pays, la Géorgie est devenue une destination plébiscitée en raison notamment de ses prix bas (cf. Après l’Ukraine, la Géorgie. Des dizaines de bébés nés par GPA en attente.). En effet, une GPA coûte en moyenne entre 10.000 et 20.000 dollars en Géorgie, alors que les prix peuvent s’élever de 120.000 à 180.000 dollars dans certains Etats des Etats-Unis.

Un « cadre législatif et réglementaire souple » vise à « tirer parti de la demande mondiale croissante ». Seuls les commanditaires apparaissent sur l’acte de naissance. La mère porteuse doit être majeure, mais être âgée de 38 ans maximum. Certaines agences exigent qu’elle ait déjà accouché.

La pratique est toutefois limitée aux couples hétérosexuels. Les hommes seuls ou homosexuels sont dirigés vers Chypre, le Mexique, ou encore la Colombie par les agences.

Mère porteuse pour sortir de la pauvreté

Nino est mère porteuse pour la deuxième fois. A 38 ans, la fin de grossesse est difficile. Elle attend des jumeaux. Ses trois enfants se partagent les tâches ménagères quand elle est trop fatiguée. Son mari travaille mais ses revenus sont « instables ». Le loyer les « ronge » explique-t-elle. Elle espère que l’argent gagné avec cette GPA – 15 000 dollars versés par un couple indien – leur permettra d’acheter une petite maison.

Nino avait envisagé la GPA dès 2015. En proie alors à « de terribles problèmes », elle n’avait toutefois pas réussi à franchir le pas. En 2020, c’est pour des commanditaires « prétentieux et exigeants » qu’elle donne naissance à un petit garçon.

Les femmes qui acceptent d’être mère porteuse « ont [généralement] des enfants, pas de maison, pas de revenus [propres] », explique Tamar Gvazava, directrice d’une agence de GPA.

Un marché en croissance

Il existe des dizaines d’agences de maternité de substitution en Géorgie, qui font le lien entre les commanditaires et les mères porteuses. Des agences à « l’activité florissante » qui « contribuent à simplifier le processus, en particulier pour les clients internationaux », et ciblent « des femmes sans abri ou qui vivent dans des refuges ».En 2020, le ministre géorgien de la Justice a rendu obligatoire la signature d’un contrat en présence d’un représentant de l’agence et de la mère porteuse.

La majorité des mères porteuses qui « réussissent » reviennent peu après pour recommencer, indique Tamar Gvazava. En cas d’accouchement naturel, une période de récupération de six mois est requise, que certaines agences « moins scrupuleuses » ignorent en raison de la « forte demande ».

« Nous cherchons des moyens de faire venir des mères porteuses des pays voisins, de transférer des embryons ici, puis de les renvoyer dans leur pays et, dans les derniers mois de la grossesse, de les ramener en Géorgie pour qu’elles accouchent ici », explique Tamar Gvazava.

« Pour certaines, la maternité de substitution améliore leur situation financière ». Mais si elles ne mènent pas la grossesse à terme, elles ne sont pas rémunérées.

Sources : Radio Free Europe, Nino Tarkhnishvili (12/11/2022) ; BioEdge, Michael Cook (15/11/2022)

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