France : François Hollande relance le débat sur l’euthanasie

Publié le : 27 janvier 2012

Le 26 janvier 2012, François Hollande, candidat à la présidentielle, a annoncé sa volonté de légaliser l’euthanasie. Il s’est engagé dans son programme, à ce que "toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" (proposition 21). 
Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) qui milite activement en faveur de l’euthanasie, a réagi en exprimant sa "grande satisfaction".

Selon le Père Mathieu Rougé, "aumônier" des parlementaires interrogé par le quotidien La Croix, "légaliser l’euthanasie serait dangereux". Au contraire, ce dernier soutient que la loi Leonetti et ses directives anticipées donnent "un cadre permettant tout à la fois de lutter contre la douleur, de limiter l’acharnement thérapeutique et de favoriser l’accès aux soins palliatifs". Le P. Rougé s’est aussi inquiété de la formulation choisie par François Hollande, à propos de ceux qui subissent "une souffrance psychique insupportable" : "quelle est la portée exacte de cette formule ? Inclut-elle ceux qui souffrent de maladies psychiques, voire des personnes handicapées mentales ?"

De la même manière, la Fondation Jérôme Lejeune condamne cette formulation, qui "prévoit de légaliser l’homicide de personnes malades", visant spécifiquement les maladies mentales et la trisomie, dressant "une liste des indésirables" "euthanasiables". La Fondation a souligné que ce texte "attente au principe fondamental du respect de la vie de tout être humain". Elle a ajouté que "l’évocation des "conditions précises et strictes" n’est pas de nature à dissiper mais au contraire à renforcer les craintes". Selon la Fondation Jérôme Lejeune, "Depuis 30 ans, cet argument a toujours été avancé pour justifier la normalisation des transgressions dans la loi qui deviennent d’innocentes "dérives encadrées"."
Enfin, l’Alliance Vita a également estimé que c’est un "texte régressif, à rebrousse-poil des pays européens et de la vraie solidarité". Pour Tudgual Derville, Délégué général de l’Alliance Vita, François Hollande utilise un "vocabulaire aseptisé", sans les mots "mort", "euthanasie" ou "mourir", afin de dissimuler la réalité de sa proposition.

Zenit.org (Anita Bourdin) 27/01/12 - Le Quotidien du Médecin 26/01/12 - La Croix (Nathalie Birchem, Mathieu Castagnet, Céline Rouden, Denis Peiron et Marine Lamoureux) 27/01/12 - Libération (Eric Favereau) 27/01/12 -  AFP (Véronique Martinache) 27/01/12 - JIM.fr (Aurélie Haroche) 26/01/12 - Le Parisien.fr (Fred Dufour)  26/01/12 - TF1 News 26/01/12 - France Soir 26/01/12 - Europe 1 (Hélène Favier) 26/01/12

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