Euthanasie en Espagne : un projet de loi critiqué

Publié le 2 Mar, 2021

En Espagne, l’Association de bioéthique de la Communauté de Madrid alerte contre le fait que le projet de loi relatif à l’euthanasie (cf.Espagne: Plus de 140 associations demandent au Sénat de bloquer la loi euthanasie ) permettra de pratiquer des « euthanasies non sollicitées », en la considérant « comme une mort naturelle en tout point »

Des garanties insuffisantes

L’association médicale estime qu’une telle classification des euthanasies conduit à « une falsification des documents officiels », empêchant « l’enregistrement correct de la cause du décès ». Par ailleurs, assimiler les euthanasies à des morts naturelles risque de « favoriser les abus » estime-t-elle. Pour l’Abimad, les garanties manquent quant au fait que « la décision de mourir est réellement “libre, volontaire et consciente” ». Ce qui constitue un risque pour « la population la plus vulnérable (personnes âgées, démentes, en institution…) », ainsi que « cela a été constaté dans les pays où l’euthanasie est légale ».

Un délai de réflexion trop court

Le comité de bioéthique juge également « très courte » la durée de quinze jours entre les deux demandes d’euthanasie que doit formuler le patient. D’autant plus que cette période pourra être raccourcie si « la perte de “la capacité du patient à donner son consentement” » est considérée comme « imminente ». Dans ce cas, l’euthanasie pourra être pratiquée « sans vérification préalable » : le médecin pourra passer outre le délai de réflexion de 24 heures avant l’euthanasie, qui permet au patient de décider « de continuer ou de s’abstenir ». Pour l’Abimad, cela revient à accorder au médecin « un pouvoir illimité et sans contrôle ».

Enfin, le comité appelle à la vigilance sur « le devoir d’observation et de soutien » du médecin « jusqu’à la mort », en cas de suicide assisté. Un devoir qui pourrait être considéré comme une « forme de coercition à s’auto-administrer les produits mortels » selon l’Abimad. En effet, « dans les pays où le suicide assisté est réglementé, comme l’Oregon, il a été constaté que dans 35 % des cas, les patients ne prennent finalement pas la substance mortelle ».

Source : ABC, Laura Daniele (02/03/2021)

[1] La Asociación de Bioética de la Comunidad de Madrid

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