Euthanasie

Publié le : 11 octobre 2002

Le Figaro consacre une page entière à l’euthanasie expliquant que « l’euthanasie gagne du terrain en Europe« .
La Belgique et les Pays-Bas ont légalisé l’euthanasie. La Suisse autorise l’aide au suicide tout en précisant que « l’assistant » ne doit être animé d’aucun « motif égoïste » (art. 115 du code pénal). 

Trois associations helvétiques « d’aide au suicide » accompagnent chaque année une centaine de suisses. L’une d’entre elle, Dignitas, explique le cheminement du candidat au suicide assisté : dossier médical attestant que la personne est atteinte d’une « maladie incurable » ou d’un « handicap gravissime« , rendez-vous avec l’avocat, puis avec « l’ange de la mort« , l’infirmière chargée de préparer les potions létales. Dignitas précise que jusqu’au dernier moment la personne peut renoncer à la prise de la potion mortelle et que les sursis sont possibles. L’association explique que sur 50 « accompagnements » en 2001, 39 concernaient des étrangers. C’est ce nombre croissant de « touristes suicidaires » qui inquiète la justice suisse.

Le Pr. Lucien Israël*, directeur pendant 20 ans du service de cancérologie de l’hôpital Avicenne de Bobigny, explique que « tant qu’il y a une étincelle, ce n’est pas au médecin de souffler la flamme« . Opposé à l’euthanasie, le Pr. Israël démonte les arguments avancés pour la légalisation de l’euthanasie en expliquant que la « douleur insupportable » peut être vaincue, de mieux en mieux et que « la dignité de l’être humain ne dépend pas que de ses fonctions physiologiques« . Il rappelle que dans les centres de soins palliatifs, il n’y a pas de demande d’euthanasie et que « ceux qui demandent l’euthanasie, ce sont ceux que l’on a découragé« . Ainsi dans toute sa carrière de cancérologue, le Pr. Israël n’a eu qu’une seule demande d’euthanasie. Sous la pression, il a remis une ampoule à son patient. L’homme est décédé trois semaines plus tard. L’ampoule a été retrouvée dans son tiroir, intacte.

Enfin, il s’inquiète d’une société qui n’aurait que cette solution à proposer comme solidarité au malade et il estime qu' »il n’est pas possible d’élever les enfants avec l’idée qu’il faut supprimer les vieux« . 

 

* auteur de Dangers de l’euthanasie, ed.des Syrtes, Paris 2002.

Consulter le dossier Euthanasie / soins palliatifs

<p>Le Figaro (Stéphane Kovacs) 11/10/02  - Libération (Piere Hazan) 16/10/02</p>

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