Etats-Unis : premiers embryons humains modifiés génétiquement

Publié le : 27 juillet 2017

L’Oregon Health and Science University (OHSU) à Portland vient d’annoncer avoir édité génétiquement  « un grand nombre d’embryons humains au stade une cellule»[1] à l’aide de CRISPR, un outil qui permet de modifier les gènes « rapidement et efficacement ». Il s’agit de la première tentative connue aux Etats-Unis sur des embryons humains. Les résultats de l’étude, dirigée par le docteur Shoukhrat Mitalipov[2], responsable du Centre de Cellule Embryonnaire et de Thérapie Génique de l »OHSU devraient être « prochainement » publiés dans un journal scientifique. Ils démontreraient que les chercheurs ont « amélioré efficacement l’ADN des embryons humains », en corrigeant les gènes défectueux à l’origine de maladies héréditaires. Ils auraient réussi à contourner les problèmes de mosaïcisme et d’effets « hors-cibles », en injectant CRISPR au moment de la fécondation. Pour Technology review, premier média à relayer l’information qui précise que les embryons ont été détruits au bout de quelques jours, c’est un premier pas vers « la naissance du premier humain génétiquement modifié ».

 

A ce jour, les précédentes recherches de ce type ont toutes été menées en Chine depuis 2015 (cf. La Chine s’entête et entend poursuivre ses manipulations génétiques d’embryons humains). Leurs résultats sont « mitigés ». En décembre 2015, des scientifiques et éthiciens, lors d’une réunion internationale, ont déclaré qu’il serait « irresponsable » d’utiliser CRISPR sur des embryons humains à des fins thérapeutiques, tant que les problèmes de sécurité de la technique n’étaient pas résolus. Mais il y a quelques mois, les académies américaines de médecine et des sciences ont publié un rapport interprété comme un « feu vert » pour la modification de la lignée germinale (cf. Edition du génome humain : un appel à la prudence, mais pas d’interdiction des Académies américaines).

 

[1] « Plusieurs dizaines » d’embryons humains auraient été créés par FIV pour cette étude, en utilisant le sperme d’hommes porteurs de maladies héréditaires.

[2] Le docteur Mitalipov est connu pour avoir cloné des singes en 2007 (cf. Naissance des premiers « singes chimères »), puis pour avoir créé des embryons humains par clonage en 2013 (cf. Création de cellules souches embryonnaires humaines : le retour du clonage dit thérapeutique).

<p>Reuters, Deena Beasley (27/07/2017); Technology review, Steve Connor (26/07/2017)</p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres