Etat de conscience altérée : être redressé pour aller mieux

Publié le 17 Mai, 2021

Pour les personnes présentant une altération de la conscience, l’horizontalité est un « obstacle » à une facilitation de la communication. La verticalisation est « très tôt, indispensable » selon les médecins intervenus lors du colloque « Les états de conscience altérée ».

En effet, la verticalité et le mouvement ont un « rôle essentiel » dans la « prévention de nombreux troubles ». Alors que l’alitement, « lorsqu’il est permanent », « peut entrainer de graves complications à différents niveaux (vasculaires, cardiaques, cutanées, musculaires, respiratoires, osseuses, articulaires, métaboliques, neurologiques, psychologiques…) ».

Remobiliser les muscles pour récupérer

Les muscles trop peu mobilisés vont subir diverses modifications : « modifications génétiques, histologiques, biomécaniques, physiologiques ». Des modifications qui sont toutefois réversibles s’ils sont remobilisés. Avec la verticalisation, « la récupération fonctionnelle est plus rapide et elle améliore la cognition » explique le Pr Jean-Michel Gracies de l’Hôpital Henri Mondor. Elle permet de remédier en « grande partie » aux « complications neurologiques centrales », mais aussi aux complications psychologiques qui apparaissent : sentiment d’inconfort, angoisse, dépression et « régression psychologique due à la dépendance ».

Le défi de la prise en charge d’un handicap sévère

« Les personnes en état de conscience altérée ne sont pas des personnes malades ou en fin de vie, mais des personnes en situation de handicap grave avec dépendance majeure », rappelle le Dr Edwige Richer médecin du CHU de Bordeaux. En 2002, la création d’unités qui leur sont dédiées a été décidée. Une prise en charge qui se manifeste via les soins médicaux, mais pas seulement. Les soins « éducatifs et relationnels », la vie sociale, le projet de vie font partie intégrante de l’accompagnement de ces patients.

Dans ce contexte, la verticalisation, qui « permet de stimuler la communication et l’expression », « rend au patient sa dignité et améliore son statut psychologique et social ». « La différence entre handicap perçu et vécu souligne les capacités d’adaptation des patients à des handicaps très sévères, témoigne le Pr Pierre François Perrigault du CHU de Montpellier, mais aussi la difficulté qu’il y a à appréhender la qualité de vie d’une autre personne ».

 

Source : Le Quotidien du médecin, Colloque « Les états de conscience altérée » (14/05/2021) – Photo : Sharon McCutcheon de Pixabay

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