En France, l’IVG médicamenteuse à domicile possible jusqu’à 9 semaines

Publié le : 14 avril 2020

Saisie par le ministre de la santé Olivier Véran (cf. La santé d’un pays se mesure-t-elle à son taux d’avortement ?), la Haute Autorité de Santé (HAS) a autorisé les interruptions volontaires de grossesse (IVG) médicamenteuse à domicile jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée.

 

Jusqu’ici, l’IVG médicamenteuse était autorisée à domicile jusqu’à la septième semaine d’aménorrhée et jusqu’à la neuvième semaine en milieu hospitalier pour des raisons liées aux « conditions de conservation des médicaments » qui ne « sont pas adaptés à une prise en charge à domicile ».

 

Avec l’accord du Collège nationale des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), deux protocoles ont été validés.

 

A l’occasion de cette autorisation, la HAS sur la nécessité de prévenir la douleur « en prescrivant du paracétamol associé à l’opium ou à la codéine au lieu de l’ibuprofène » (cf. Etude sur l’IVG médicamenteuse : « Je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Une douleur sans nom »), et d’éviter « que la femme ne soit seule à domicile ».  

 

Par ailleurs, l’arrêté prévoit également que « la première prise des médicaments nécessaires à la réalisation d’une interruption volontaire de grossesse par voie médicamenteuse peut être effectuée dans le cadre d’une téléconsultation avec le médecin ou la sage-femme, sous réserve du consentement libre et éclairé de la femme et, au vu de l’état de santé de celle-ci, de l’accord du professionnel de santé ».

 

Sur les 220 000 avortements pratiqués chaque année en France, un quart sont « réalisés hors de l’hôpital ».

 

Cette décision intervient alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son dernier briefing, a exhorté les gouvernements à traiter la santé reproductive des femmes comme un service de santé « essentiel » et à s’assurer que leurs besoins étaient pris en compte, sous toutes les formes, y compris l’avortement. Dans le monde, une étude récente estime à 3 millions le nombre de grossesses non planifiées qui pourraient être dues à la Pandémie.

 

Pour aller plus loin :

COVID-19 : les IVG médicamenteuses prescrites par téléconsultation

En France, une IVG pour 3 naissances en 2018

 

<p>AFP (11/04/2020) - CP HAS (10/04/2020) - Times of India (13/04/2020)</p>

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