En Angleterre, le NHS devrait autoriser l’utilisation du DPNI dès 2018

Publié le : 31 octobre 2016

Suite à la recommandation du Comité national de dépistage (cf. DPNI : les questions éthiques en suspens), le NHS[1] a annoncé son intention de mettre à disposition le DPNI en 2018. « Nous voulons que les femmes aient à disposition des tests de dépistages plus sûrs, (…) nous approuvons l’utilisation du DPNI pour la trisomie 21, les syndromes d’Edwards et de Patau », a expliqué le ministre de la santé, Philip Dunne. Pourtant, si le test de dépistage prénatal non invasif (DPNI) devrait permettre de détecter la trisomie 21 de façon « fiable» « sans risque pour le fœtus », contrairement à l’amniocentèse (2% de risque pour le foetus), son introduction conduira à une augmentation des avortements.

 

Aujourd’hui 7900 femmes donnent leur accord pour un test invasif et 46 d’entre elles font une fausse couche. Près de 2000 femmes choisissent de ne pas faire d’amniocentèse soit parce qu’elles craignent de perdre leur bébé, soit parce qu’elles veulent aller au bout de leur grossesse que le bébé soit ou non porteur de trisomie 21.

 

Le nouveau test devrait être proposé à environ 10 000 femmes par an, considérées comme ayant plus de probabilité de donner la vie à un bébé atteint de l’une de ces 3 maladies génétiques. Toutes les femmes continueront d’avoir les mêmes tests à 3 mois de grossesse, mais celles présentant un risque élevé après le premier dépistage, pourront obtenir le nouveau test. Un test invasif sera toujours possible pour confirmer définitivement le diagnostic.

 

Si le nouveau test sanguin est proposé essentiellement pour des motifs de sécurité pour le bébé, il est à craindre que le nombre de parents qui voudront savoir si leur bébé est porteur de trisomie 21 pourrait s’accroître. Ce qui conduirait à réduire le nombre d’enfant porteur de ces maladies génétiques si plus de parents choisissent l’avortement.

 

Cette annonce suscite la controverse en Angleterre alors que l’actrice Sally Philips vient de présenter un documentaire où elle parle du bonheur partagé avec Olly, son fils trisomique (cf. Sally Philips : Vers un monde sans trisomique ?). Elle y partage ses questions sur ce nouveau test et sa difficulté à comprendre pourquoi le choix d’une femme se réduirait à ne pas donner la vie à un enfant atteint de cette maladie.

 

Pour aller plus loin :

DPNI : Des intérêts financiers à l’origine des pressions visant à intégrer le DPNI dans le dépistage de la trisomie 21 ?

La société de médecine prédictive et personnalisée assume un eugénisme libéral

L’ABM anticipe l’entrée du DPNI dans la stratégie de dépistage de la trisomie 21

Le Marché du dépistage prénatal des trisomiques relève du transhumanisme

 

[1] National Health Service.

<p>The Guardian (Sarah Boseley) 29/10/2016</p>

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