Embryons congelés : « Ce n’est pas un objet en garde-meuble, c’est une vie ! »

Publié le 19 Mar, 2019

Une femme du Massachussetts, aux Etats-Unis, a intenté une action en justice contre la clinique de fertilité qui a congelé son embryon pendant 13 ans à son insu. Marisa Cloutier-Bristol et son premier mari auraient rêvé d’avoir dix enfants, mais malgré plusieurs cycles de FIV[1] au Women & Infants Hospital à Providence, dans l’Etat de Rhodes Island, ils n’ont jamais réussi à donner petits frères, ni petites sœurs à leur fils ainé Brett. Lors de leur dernière tentative de FIV en 2004, quatre embryons ont été fécondés, tous les quatre jugés « anormaux » et écartés. Le couple a finalement abandonné à regret son rêve d’agrandir la famille. « Ce n’était pas une décision facile, loin de là. Nous avons vraiment pesé le pour et le contre. Mais nous savions que c’était ce que nous devions faire ». Son mari est décédé deux ans plus tard d’une crise cardiaque, à 34 ans, terminant de briser ses espoirs.

 

En 2017, alors que son fils est déjà étudiant et qu’elle est remariée, Marisa reçoit une facture de l’hôpital l’enjoignant de payer 500 $ pour les treize années de stockage de son embryon. C’est ainsi qu’elle apprend qu’un des quatre embryons de 2004 était finalement « normal » et implantable. « J’étais furieuse. Beaucoup de souvenirs sont remontés. Le décès de mon mari m’est revenu. Nos espoirs et nos rêves d’avoir un autre enfant me sont revenus. » Marisa Cloutier-Bristol a attaqué l’hôpital en janvier dernier, estimant que cette grave erreur « lui a fait perdre le droit d’avoir un autre enfant et lui a causé une profonde détresse émotionnelle ».

 

Plus surprenant encore, elle a appris par l’intermédiaire de son avocat qu’elle n’avait pas la propriété légale de l’embryon congelé. « Parce que, à l’époque, elle et son défunt mari n’ont jamais été invités à signer des formulaires de consentement ou des contrats, elle n’a maintenant – selon son avocat – aucun droit sur l’embryon. »

 

« Ce n’est pas un objet en garde-meuble, c’est une vie ! », s’insurge la mère, qui veut tout mettre en œuvre pour que plus jamais des parents ne subissent ce qu’elle est en train de vivre.

 


[1] Fécondation In-Vitro

CBS Boston, Kristina Rex (18/03/2019)

Washington Times (18/03/2019)

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