Elle ne voulait pas d’enfant. A cause de la pandémie, elle change d’avis.

Publié le : 7 septembre 2020

« Même si je ne me rappelle pas exactement à quel âge j’ai décidé de ne pas avoir d’enfants, je sais que ça fait longtemps ». Quand Marsea Nelson rencontre Brian, elle lui fait part de sa décision. Elle comprend vite que « c’était un problème pour lui ». Pas au point d’être un motif de rupture pour Brian, « mais il était vraiment très triste ». « Il avait dû faire le deuil d’un avenir où il serait papa. »

Souffrant de « dépression sévère », Marsea Nelson avait « commencé à suivre une thérapie dix ans plus tôt ». « Je prenais donc très au sérieux toute perturbation potentielle de ma nouvelle vie, saine et soigneusement organisée », explique-t-elle. « Or un bébé est une gigantesque perturbation. » « Une fois qu’on a mis un enfant au monde (…) c’est définitif. Il apporte avec lui tout un lot d’inconnues, et c’est cette incertitude qui me terrifiait le plus », confesse Marsea.

Mais un jour sa thérapeute lui rappelle la réalité : « On est confrontés chaque jour à l’incertitude. Pour on ne sait quelle raison, on est plus sensible à certaines inconnues qu’à d’autres. Néanmoins, elles sont une réalité dans chaque aspect de notre vie ». Alors « essayant le costume de personne-qui-veut-des-enfants », Marsea commence « à imaginer de possibles futurs qu’ [elle n’avait] jamais envisagés ».

La pandémie de COVID-19 survient et Marsea doit faire face. « Si on m’avait demandé comment je vivrais le fait d’être coincée dans mon appartement pour non pas quelques jours, ni même quelques semaines, mais plusieurs mois, j’aurais répondu sans hésiter: “Vous me trouverez en larmes au fond de mon placard, en position fœtale” », affirme-t-elle. Pourtant « quand c’est arrivé pour de bon », « cela n’a pas eu sur ma santé mentale l’effet catastrophique auquel je m’attendais », reconnaît la jeune femme. « J’ai réussi à rester sereine – et même joyeuse – pendant cette période stressante, témoigne-t-elle. « Une surprise. »

« La pandémie m’a permis d’assimiler ce que ma thérapeute cherchait à m’expliquer, affirme Marsea. Je ne pouvais pas passer mon temps à ériger des barrières autour de moi en redoutant le pire. Je devais vivre ma vie et me montrer assez forte et résiliente pour affronter ce que je rencontrerais sur mon chemin. » « Aujourd’hui, Brian et moi essayons d’avoir un enfant, confie la jeune femme. Je ne sais pas si nous y arriverons. Et si c’est le cas, j’ignore de quelle manière cet étranger bouleversera notre vie. Je ne sais rien de tout cela. Je n’en ai jamais rien su. »

 

Source : Huffington Post, Marsea Nelson (05/09/2020)

Photo : StockSnap, Pixabay

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres