« Droit fondamental » à l’IVG: la classe politique quasi unanime

Publié le : 26 novembre 2014

L’Assemblée nationale devrait adopter aujourd’hui, « de façon consensuelle » la proposition de résolution « visant à réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France et en Europe ». Ce texte est porté par la député Catherine Coutelle (PS), présidente de la délégation des Femmes. Cette proposition de résolution a été cosignée par tous les présidents de groupe.

 

L’Assemblée nationale célèbre aujourd’hui les 40 ans de la loi Veil, présentée par Simone Veil et mise en débat le 26 novembre 1974. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, a déclaré à l’AFP qu’il organisait un déjeuner avant le vote de la proposition de résolution, avec « des grands témoins de ce combat », dont des signataires du Manifeste des 343, des ministres (Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem), Anne Hidalgo, et des députés engagées pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

« 95% à 98% » des députés UMP s’apprêtent à voter la proposition selon les propos de Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblé nationale. Il se « félicite d’avoir pu retirer de ce texte un « point sensible », à savoir « l’accès des femmes aux droits sexuels et reproductifs », parce que s’engager sur ce terrain voulait dire qu’on ouvrait la porte pour la PMA en dehors des cas de stérilité médicaux et à la GPA ».

 

Pour Laurent Wauquiez (UMP) cette proposition de résolution est une « pure posture » qui ne « changera rien à la loi sur l’IVG ». Il se dit favorable à l’équilibre qui avait été trouvé en 1974. « Si la volonté du gouvernement est de revenir sur cet équilibre, alors je serais contre. » Jean-Frédéric Poisson (UMP) a clairement exprimé son intention de ne pas voter cette résolution devant les caméras de BFM tv: « Il ne peut y avoir de droit fondamental de cette nature ». Il s’en est expliqué ce matin, lors d’une émission en direct (Sud Radio) face à Véronique Séhier, co-présidente du Planning Familial, et Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme !. « On oublie une personne à considérer : c’est la vie de l’enfant qui est dans le ventre de la maman. Et quand on omet l’enfant, on place la femme dans une spirale : il n’y a pas d’autre solution, d’autre porte de sortie que celle de l’avortement, or il y en a d’autres ! »

 

21 députés UDI ont été cosignataires de la proposition de résolution. Philippe Vigier, président du groupe UDI à l’Assemblée a déclaré qu’« une majorité du groupe la votera, mais il y a liberté de vote ».

 

Pour les écologistes, Barbara Pompili a fait savoir que cette résolution était « plus que jamais nécessaire » pour « rappeler le droit des femmes à disposer de leur corps ».

 

Interrogé sur Sud Radio, Valery Giscard d’Estaing, président de la République en 1974 a déclaré au sujet de la loi Veil, considérant qu’il n’y a pas eu de « débordement », « je suis heureux de l’avoir fait.« 

 

D’après La Croix, « 72 % des IVG sont réalisées sur des femmes sous contraception au moment de la conception ». Il apparaît également que « le nombre d’avortements ne baisse pas alors même que le nombre de grossesses non voulues est passé d’une sur deux en 1975 à une sur trois aujourd’hui. » Pour Laurent Toulemon, chercheur à l’Ined, l’augmentation du nombre des IVG répétées doit aussi interpeller. « On note, depuis une dizaine d’années, une augmentation du nombre de femmes ayant recours à l’IVG à deux, voire trois reprises ».

 

<p>AFP 25 et 26/11/2014 - BFMTV 26/11/2014 - Sud Radio 25 et 26/11/2014 - La Croix (Flore Thomasset) 26/11/2014</p>

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