DMLA : greffes de cellules souches embryonnaires

Publié le : 24 janvier 2012

Le 23 janvier 2012, la revue The Lancet a publié les résultats des premières greffes de cellules souches embryonnaires humaines effectuées par la société américaine Advanced Cell Technology (ACT) sur deux patientes atteintes de maladies entraînant une dégénérescence maculaire (Cf. Synthèse de presse du 22/11/10).

Ces greffes ont consisté en l’injection, assez profondément dans la rétine, de cellules souches embryonnaires humaines. Elles ont été bien supportées par les patientes, dont la vue s’est modestement améliorée. L’une d’elles, âgée de 70 ans environ, est atteinte de la forme « sèche » de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), forme la plus fréquente de la maladie, jusqu’ici dépourvue de traitement efficace, à la différence de la forme dite « humide » de la maladie, plus rare. La DMLA touche de nombreuses personnes, surtout après l’âge de 50 ans. La seconde patiente est atteinte de la maladie de Stargardt, maladie héréditaire de l’œil la plus fréquente qui se manifeste dans l’enfance et mène à une perte de la vision centrale.

 Pour le Dr François Malbrel, ophtalmologiste à la clinique Ambroise Paré de Lille, le principal intérêt de cet essai était de vérifier la sécurité et la tolérance des patients à ce traitement. Les auteurs de ces greffes soulignent qu’ « un suivi continu et de nouvelles études sont nécessaires« . Ils précisent que leur prochaine étape consistera à traiter des patients atteints de formes précoces de la maladie. En outre, ACT a annoncé le lancement d’un essai en Europe, sur un patient atteint de la maladie de Stargardt, au Moorfields Eye Hospital de Londres (Cf. Synthèse de presse du 22/09/11)..

Par ailleurs, les travaux de l’équipe de Sally Temple, de l’Institut des cellules souches neuronales de Rensselaer aux Etats-Unis, ouvrent une autre piste. En cultivant des cellules de l’épithélium pigmentaire de la rétine (dont la disparition progressive entraine la DMLA) prélevées sur des donneurs décédés, les chercheurs ont mis en évidence l’existence d’une sous-population de cellules souches multipotentes aptes à se différencier en divers types cellulaires, dont les cellules de l’épithélium pigmentaire. Il s’agirait de décrypter le mécanisme qui active la différenciation de ces cellules souches en vue de mettre au point les conditions favorables à la régénération in situ de l’épithélium défaillant. Pour Olivier Goureau, de l’Institut de la vision à Paris, « c’est la première fois qu’on met en évidence des cellules souches dans ce tissu chez l’adulte […]. Cette piste de réparation endogène est prometteuse ».

<p>Le Figaro (Damien Mascret) 24/01/12 - Libération 24/01/12 - Presswatch.com 24/01/12 - Pour la science.com (Marie-Neige Cordonnier) 23/01/12 - AFP 23/01/12</p>

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