Développer le don de sang de cordon

Publié le : 1 février 2011

Le projet de loi sur la bioéthique propose de donner un statut juridique au sang de cordon, actuellement considéré comme un déchet opératoire. Celui-ci, recueilli à la naissance, est en effet une ressource thérapeutique prometteuse pour la médecine cellulaire dite médecine régénérative. "Le sang placentaire est la troisième source de cellules souches hématopoïétiques, avec la moelle osseuse et le sang périphérique. Il concerne actuellement 17% des greffes, soit 250 par an en moyenne en France, mais son utilisation est en forte augmentation", indique le Dr Catherine Faucher, greffeur à l’Institut de lutte contre le cancer Paoli-Calmettes, à Marseille.

Depuis 2009, la France a décidé de développer la collecte de sang de cordon ombilical : en quelques mois, le nombre de banques est passé de 3 à 10 et les dons ne cessent d’augmenter. "A terme, une soixantaine de maternités proposeront à leurs patientes de donner le sang de leur cordon, ce qui représentera 20% des naissances françaises", précise Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice de l’Agence de la biomédecine.

Aujourd’hui, les femmes sont informées de la possibilité de faire ce don, anonyme et gratuit, au quatrième mois de grossesse. Si elles le souhaitent, elles peuvent alors donner un consentement écrit. Un examen médical permet de rechercher leurs antécédents et d’éventuelles contre-indications. Le prélèvement, indolore et sans risque, est pratiqué juste après la naissance, une fois le cordon ombilical coupé, sur la partie reliée au placenta. Le sang va alors passer par différentes étapes de sélection au terme desquelles 30% des prélèvements seulement seront retenus. Un courrier informe les femmes le jour où leur don est stocké.

En France, le don de sang de cordon ou de sang placentaire ne peut être autologue : il ne peut être stocké pour un usage personnel ou pour son propre enfant. Dans un rapport, la sénatrice Marie-Thérèse Hermange estime que "le recours au privé n’est pas nécessaire, dans la mesure où une dynamique de collecte publique, gratuite et pour autrui a enfin été impulsée."
 

Le Figaro (Delphine Chayet) 31/01/11

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