Des stimulations électriques pour influencer les choix ?

Publié le : 4 novembre 2020

Aux Etats-Unis, des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Washington à Saint Louis ont montré que l’activité des neurones codait la valeur des options et déterminait la décision finale. L’étude a été publiée le 2 novembre dans la revue Nature.

Face à une décision, chaque alternative provoque l’activité d’un ensemble de cellules nerveuses du cerveau. Plus l’option est attrayante, plus elle est rapide. Pour examiner le lien entre les valeurs encodées par les neurones et les comportements de choix, les chercheurs ont réalisé deux expériences.

Deux expériences sur des singes

Dans la première, ils ont, à plusieurs reprises, présenté deux boissons, quantité et goût variables, à des singes et ont enregistré les préférences des animaux. Chaque singe indiquait son choix en jetant un coup d’œil vers la boisson choisie qui lui était donnée. Leurs décisions n’étaient pas toujours faciles à prendre plusieurs paramètres entrant en jeu. Ensuite, les chercheurs ont placé de minuscules électrodes au niveau du cortex orbitofrontal de chaque singe, une zone située dans une région du cerveau au dessus des yeux, pour stimuler les neurones impliqués. La stimulation électrique de faible niveau a rendu l’animal plus susceptible de choisir une option particulière, et ce de façon prévisible.

Dans une autre expérience, les singes ont vu d’abord une boisson, puis l’autre, avant de faire un choix. Le fait d’envoyer un courant plus élevé alors que le singe faisait son choix l’a rendu plus susceptible de choisir l’option qui n’était pas perturbée. Les chercheurs ont conclu que les valeurs calculées dans le cortex orbitofrontal étaient nécessaires au choix.

Les résultats montrent non seulement que les valeurs traitées dans les neurones du cortex orbitofrontal sont essentielles à la prise de décision, mais aussi qu’elles peuvent être manipulées.

Quid de l’homme ?

Dans ces situations, « le cerveau du singe et le cerveau humain semblent très similaires », a expliqué Camillo Padoa-Schioppa, professeur de neuroscience, d’économie et de génie biomédical. Il considère que « ce même circuit neuronal sous-tend toutes sortes de choix que les gens font : un plat dans la carte d’un restaurant, des investissements financiers ou le candidat à une élection ». Il considère de même que « les grandes décisions de la vie, une carrière ou un mariage, (…) chaque fois qu’un choix est basé sur des préférences subjectives », utilisent ce circuit neuronal. Il estime que ce type d’expériences permet de mieux connaître « les mécanismes neuronaux qui sous-tendent les choix » pour mieux comprendre pourquoi, dans « un certain nombre de troubles mentaux et neuropsychiatriques », dépendance, troubles alimentaires, dépression et schizophrénie, « les patients font constamment de mauvais choix ».

Source : Medical Press (02/11/2020) – Daily Mail, Ian Randall (02/11/2020)

Photo : Colin Behrens from Pixabay

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres