Des robots avec une peau humaine

Publié le 13 Juin, 2022

Des scientifiques japonais ont fabriqué de la peau humaine vivante sur des robots[1]. A partir de leur méthode, ils ont donné à « un doigt robotique la texture de la peau », avec « des fonctions hydrofuges et d’auto-réparation ». Une innovation qui « brouille la frontière entre la chair vivante et la machine ».

« Pour recouvrir efficacement les surfaces avec des cellules de peau, nous avons mis au point une méthode pour mouler directement le tissu autour du robot, ce qui a permis d’obtenir une couverture de peau sans couture sur un doigt robotisé », explique Shoji Takeuchi, professeur à l’université de Tokyo et auteur de l’étude. Le doigt robotisé a été immergé dans un cylindre rempli d’une solution de collagène et de fibroblastes dermiques humains. Une première couche qui a fourni une « base uniforme » à laquelle la couche suivante de cellules – les kératinocytes de l’épiderme humain, ont pu adhérer.

La peau ainsi produite s’est avérée « suffisamment résistante et élastique » pour supporter les mouvements du doigt robotisé, qui « se courbait et s’étirait ». « Il est intéressant d’entendre les cliquetis du moteur en harmonie avec un doigt qui ressemble à un vrai », note le chercheur. Le doigt est en effet entraîné par un moteur électrique.

« Avoir l’air réel » pour interagir avec les êtres humains

« Avoir l’air “réel” comme un humain est l’une des principales priorités des robots humanoïdes qui sont souvent chargés d’interagir avec les humains dans les secteurs de la santé et des services. » Car « une apparence humaine peut améliorer l’efficacité de la communication et susciter la sympathie ». Les chercheurs travaillent d’ailleurs sur la peau du visage du robot.

Pour le moment, cette peau ne possède pas les fonctions spécifiques de la peau humaine et ne reproduit pas de façon convaincante les textures délicates comme les rides. « Ce travail n’est que la première étape vers la création de robots recouverts de peau vivante », précise Shoji Takeuchi. En effet, cette peau ne peut pas survivre longtemps sans un apport constant de nutriments et l’élimination des déchets.

Les chercheurs comptent travailler sur ces différents points et « incorporer des structures fonctionnelles plus sophistiquées dans la peau, comme des neurones sensoriels, des follicules pileux, des ongles et des glandes sudoripares ».

 

[1] Shoji Takeuchi, Living skin on a robot, Matter (2022). DOI: 10.1016/j.matt.2022.05.019www.cell.com/matter/fulltext/S2590-2385(22)00239-9

Sources : Sources : Independent, Nina Massey (09/06/22) ; The Guardian, Hannah Devlin (09/06/22) ; Tech Xplore, Cell Press (09/06/2022)

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