Des parlementaires s’élèvent contre la théorie du gender

Publié le : 18 juillet 2011

L’introduction de la théorie du gender dans les manuels de SVT (Sciences de la vie et de la terre) de premières L et ES continue de provoquer de vives réactions, notamment dans le milieu parlementaire.

La sénatrice Marie-Thérèse Hermange a ainsi posé une question écrite au ministre de l’Education Nationale Luc Chatel, publiée dans le Journal Officiel du Sénat le 7 juillet 2011. Elle lui demande de retirer les manuels en cause de la vente afin qu’ils soient révisés et d’interdire que le chapitre intitulé "Devenir homme ou femme" puisse faire l’objet du sujet de baccalauréat. Ce chapitre postule en effet que la sexualité s’acquiert culturellement niant le rôle du biologique dans l’identité sexuelle, mais "décrire un comportement étranger au mécanisme biologique a-t-il sa place dans une matière scientifique qui tend justement à les étudier ?" s’interroge Marie-Thérèse Hermange. Elle note par ailleurs que cette remise en question de l’identité sexuelle corporelle pose de nombreuses questions sur la condition humaine, la reproduction et l’organisation de la société, autant de sujets qui mériteraient un débat entre experts, élus et représentants de la société civile. Elle met enfin en garde contre le caractère anthropologiquement déstructurant de cette idéologie, surtout pour des lycéens qui "construisent leur identité et leur personnalité".

Ainsi, dans une conférence sur la famille, le Pr Xavier Lacroix a rappelé la valeur structurante de la distinction des sexes, notamment dans la famille. Il affirme que le mariage homosexuel – la théorie du gender étant elle-même largement diffusée par le lobby gay – "sous prétexte de lutter contre une fausse discrimination entre les adultes, (…) en créerait une beaucoup plus réelle et bien plus grave entre les enfants. (…) Ni le masculin, ni le féminin – faut-il le rappeler – ne récapitulent tout l’humain. Qu’il soit garçon ou fille, l’enfant a donc besoin, pour la découverte de son identité d’un jeu subtil d’identification et de différenciation avec ses deux instances paternelles et maternelles".

De son côté, le député Christian Vanneste, soutenu par trois autres députés (Xavier Breton, Marc Le Fur et Jean-Marc Nesme), a également écrit une lettre au ministre de l’Education Nationale. Les quatre députés y soulignent que l’Education nationale, qui a le noble rôle de procurer aux jeunes générations l’instruction nécessaire à une insertion sociale épanouissante, n’a pas à se substituer à la famille ni "à instiller, sous le couvert d’un enseignement scientifique des conceptions purement idéologiques", dérives qui sont "le propre d’un Etat totalitaire". Ceci est d’autant plus vrai dans un contexte laïc qui se veut neutre à l’égard des croyances personnelles. Ils jugent donc "scandaleuse" l’introduction de la théorie du gender dans les manuels de SVT, une "théorie fumeuse qui tend à imposer une conception issue d’un culturalisme dévoyé". Dans un article publié dans Liberté Politique, Christian Vanneste fait d’ailleurs remarquer que Judith Butler, initiatrice de la théorie du gender, est revenue sur ses positions. "Rien ne nécessite cet enseignement qui va à l’encontre non seulement des connaissances scientifiques les plus élémentaires, mais aussi de la conception que se fait l’immense majorité des parents de l’éducation de leurs enfants", concluent les députés.

Liberté Politique 15/07/11 - Osservatore Vaticano.org 16/07/11

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