Des chercheurs observent l’ « auto-réparation » des embryons de souris

Publié le : 16 juin 2020

Des chercheurs du California Institute of Technology (CalTech) ont observé que « la prévalence de l’aneuploïdie est considérablement réduite au fur et à mesure que l’embryon se développe ».

 

Lors des premiers jours du développement embryonnaire, la santé de chaque cellule est « vitale » pour la santé de l’ensemble de l’embryon. Une période au cours de laquelle « souvent, ces jeunes cellules présentent des aneuploïdies chromosomiques, c’est-à-dire qu’il y a trop ou trop peu de copies de chromosomes dans la cellule ». Les aneuploïdies peuvent conduire à des fausses couches ou au développement de trisomies.

 

En utilisant des embryons de souris, des « épiblastes mosaïques »[1], l’équipe américaine du laboratoire de Magdalena Zernicka-Goetz, professeur de biologie et d’ingénierie biologique au Caltech, a montré que « cela est dû au fait que les embryons sont capables de se débarrasser des cellules anormales juste avant et peu après l’implantation dans l’utérus ». Les films réalisés sur les embryons en développement ont révélé que « l’embryon élimine les cellules aneuploïdes, tandis que les cellules saines prolifèrent simultanément, afin de compenser la perte de cellules. De cette façon, la taille totale de l’embryon reste inchangée par rapport à celle d’embryons normaux ». Le mécanisme qui intervient est appelé « autophagie ». Ce processus, activé par « un stress chronique dû à un déséquilibre dans la production de protéines causé par le nombre anormal de chromosomes », conduit à la mort des cellules aneuploïdes.

 

Pour Magdalena Zernicka-Goetz, « cela reflète leur plasticité qui leur donne le pouvoir de s’auto-réparer ». « Il est remarquable que des embryons puissent faire cela », affirme-t-elle. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications[2].

 

Des études sont encore nécessaires pour révéler « si ces mécanismes se retrouvent chez tous les mammifères », indique Magdalena Zernicka-Goetz, qui espère « comprendre les mécanismes de cette plasticité afin que nous puissions la restaurer à l’âge adulte pour réparer les tissus et organes matures, si nécessaire », déclare-t-elle.

 

 

Pour aller plus loin :

Le mosaïcisme dévoile les failles du diagnostic préimplantatoire

 


[1] « Des embryons présentant un mélange de cellules saines et de cellules aneuploïdes ».

[2] Shruti Singla et al. Autophagy-mediated apoptosis eliminates aneuploid cells in a mouse model of chromosome mosaicism, Nature Communications (2020). DOI: 10.1038/s41467-020-16796-3

<p>Phy.org, Lori Dajose, California Institute of Technology (15/06/2020)</p>

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