Luc Léonard se penche pour la revue Limite sur la thèse selon laquelle « le robot est un humain comme un autre », ou sa symétrique « l’homme est un objet comme les autres ». Pour les défenseurs de cette thèse, rien ne distinguera demain l’homme d’un robot, dès lors que les robots auront la capacité de s’améliorer. Ainsi, « si tout ce qui fait votre supériorité repose sur un plus grand degré de sophistication, il faut accepter le risque d’être un jour dépassé ». Conférer des droits à ces robots deviendra alors nécessaire « au risque sinon de se rendre coupable de racisme anti intelligence en silicone ».
Mais pourtant, les robots percevront-ils le monde avec nos émotions ? Pourront-ils s’émerveiller, sentir, goûter ? L’être humain n’est-il qu’un assemblage d’atomes ? N’est-il pas « autre chose », échappant aux explications scientifiques et à toute maitrise technique ?
De fait, « un robot ne saura jamais ce qu’est un ciel bleu, ou le parfum d’une rose, la brûlure de l’envie… simplement parce qu’on n’a pas la moindre idée de comment on ‘fait voir du bleu’. Notre savoir faire technique se limite à ‘mesurer une longueur d’onde’. Ensuite, on bloque, comme face à un mur, comme si la nature faisait un pied de nez à notre ambition de la maitriser ». L’être humain n’est donc pas « qu’un assemblage d’atomes : la simple observation de la réalité nous montre qu’il y a en lui ‘quelque chose d’autre’ dont la nature nous échappe totalement »…
Limite, Luc Léonard (27/05/2016)