Débat autour de l’assistance médicale à la procréation

Publié le : 12 mars 2009

Dans son ABC de la bioéthique, le journal La Croix se penche aujourd’hui sur la question de l’assistance médicale à la procréation (AMP). Les techniques destinées à aider les couples infertiles à avoir des enfants sont aujourd’hui largement utilisées. La question se pose de savoir s’il faut ou non élargir le recours à ces méthodes aux personnes seules ou aux couples homosexuels.

Rappelons qu’il existe deux techniques d’AMP l’insémination artificielle et la fécondation in vitro (FIV). Dans le premier cas, la femme subit une stimulation ovarienne. Quand les ovules sont mûrs, le médecin dépose lui même les spermatozoïdes dans l’utérus. La fécondation in vitro, elle, est essentiellement destinée à pallier l’infertilité féminine. La rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde se passe dans une éprouvette. Une variante de la FIV est l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) qui consiste à injecter directement un seul spermatozoïde dans l’ovocyte.

Aujourd’hui, l’AMP est réservée aux couples formés d’un homme et d’une femme vivants et en âge de procréer, mariés ou vivant ensemble depuis au moins deux ans. Ils peuvent y avoir recours en cas d’infertilité ou s’il risque de transmettre entre eux ou à l’enfant une maladie d’une particulière gravité. Chaque année le couple est consulté sur son "projet parental" concernant les embryons congelés qui n’ont pas été réimplantés. S’ils l’abandonnent ou si l’un des deux membres du couple décède, le couple ou celui qui reste doit indiquer ce qu’il souhaite : donner ses embryons à un autre couple, les détruire, ou les donner à la recherche. En cas de non réponse, les embryons sont détruits au bout de 5 ans.

Avec la révision de la loi de bioéthique, certains points pourraient être modifiés. Pour l’Agence de la biomédecine "des dispositions comme l’âge de procréer ou l’obligation de vie commune, qui est susceptible de pénaliser les couples non mariés, méritent une réflexion". Des membres de l »Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) proposent, eux, de ne plus réserver l’AMP à des couples"stables". Ils sont également favorables à ce que des femmes célibataires puissent en bénéficier. Mais ils souhaitent que l’AMP soit réservée aux stérilités médicalement constatées. Enfin, ils se déclarent opposés à la gestation pour autrui (GPA) mais seraient prêts à autoriser le transfert d’embryon chez une femme dont le mari est décédé.

La Croix revient sur l’extension des indications à l’AMP en avançant les arguments des partisans de l’extension et de ceux qui s’y opposent. Pour les premiers, l’argument principal porte sur la souffrance des personnes seules ou des couples homosexuels. En revanche, dans le milieu médical, les professionnels souhaitent que ces demandent continuent de répondre à une indication médicale. Enfin, dans les milieux religieux, tout le monde s’accorde pour s’opposer à ce qui ne s’inscrirait pas dans le cadre familial traditionnel "une mère, un père" et un ou plusieurs enfants. Les religions s’inquiètent aussi du nombre important d’embryons dits "surnuméraires", qui, en 2006, s’élevait à 176 500 (cf. Rapport de l’Agence de la biomédecine).

Rappelons qu’en Europe, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Suisse sont les principaux pays qui réservent l’AMP aux couples hétérosexuels. En revanche, en Belgique, au Danemark, en Espagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les femmes seules ou les couples homosexuels féminins peuvent en bénéficier.

La Croix (Marianne Gomez - Anne-Bénédicte Hoffner - Martine de Sauto - Nathalie Lacube) 12/03/09

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres