Suisse : près de 3 % des naissances ont lieu suite à une FIV

Publié le 17 Juin, 2024

Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS), 6 609 femmes ont eu recours à la fécondation in vitro (FIV) en Suisse en 2022, ce qui représente une augmentation de 12,9 % par rapport à 2017.

En outre, 2 370 enfants sont nés vivants suite à une tentative de FIV dans le pays, ce qui représente près de 3 % de l’ensemble des naissances vivantes en Suisse. Les statistiques montrent aussi que pour 46,1 % de femmes la FIV a abouti à une grossesse, et pour 34,6 % d’entre elles à une naissance (cf. La PMA augmente le risque de placenta accreta).

Un nombre croissant de femmes repoussent « le désir d’enfant »

Les couples attendent de plus en plus avant de se lancer dans un projet familial et, quand ils le font, ils donnent naissance à moins d’enfants qu’auparavant. Depuis quelques décennies, la Suisse est ainsi passée sous le seuil de renouvellement de la population, qui est de 2,1 enfants par femme (cf. « La fertilité décline à travers le monde », et ce n’est que le début ?).

Selon le docteur Grace Bianchi Movarekhi, spécialiste en gynécologie et obstétrique exerçant au sein de la Clinique des Grangettes et directrice médicale de BabyImpulse SA, les habitudes de vie expliquent en partie l’augmentation des cas d’infertilité et la baisse de la natalité. « De manière générale, on sait déjà qu’il existe une corrélation entre l’amélioration du niveau socioéconomique d’un pays et sa baisse de natalité » explique-t-elle. « Les femmes bénéficient d’un meilleur accès au marché du travail et, après les études, se lancent dans la vie active pour mener leur projet de carrière. Même si les mentalités évoluent, il faut aussi avoir conscience qu’un certain dilemme se pose encore pour les femmes, entre ambitions professionnelles et projets familiaux. Ce qui a comme conséquence pour un nombre croissant de femmes de repousser le désir d’enfant à un âge où la fertilité naturelle commence à baisser » (cf. Une PMA « directement », sans essayer d’avoir un enfant « naturellement »). « Dans notre clinique genevoise, l’âge moyen des femmes qui consultent se situe ainsi entre 36 et 37 ans » relève le médecin.

« La fertilité des hommes est également en baisse »

10 à 15 % des couples suisses présentent par ailleurs des problèmes de fertilité, et environ 3 000 couples entreprennent une démarche de procréation médicalement assistée (PMA) chaque année. Stress, manque de sommeil, consommation d’alcool, de tabac ou de drogues, mais aussi les mauvaises habitudes alimentaires et l’exposition aux pesticides impactent notamment la qualité des ovules et des spermatozoïdes.

« La fertilité des hommes est également en baisse si l’on considère les données de ces dernières décennies » précise Grace Bianchi Movarekhi (cf. Infertilité masculine : un nouveau sujet de préoccupation). « Une étude globale réalisée récemment indique en effet que, sur la période allant de 1973 à 2018, la qualité des spermatozoïdes a diminué de 41,5 %, soit près de 1 % chaque année » indique-t-elle. « Dans le cadre des consultations de PMA liées à notre activité, on constate d’ailleurs que, dans 33 % des cas, les gamètes mâles sont en cause ».

Absence de prise en charge des FIV

Aujourd’hui, il existe une trentaine de centres spécialisés dans la PMA en Suisse. Les méthodes utilisées incluent la stimulation ovarienne, la fécondation in vitro (FIV) et l’insémination artificielle. En revanche, le don d’ovocytes, le don d’embryons et la gestation par autrui (GPA) sont interdits (cf. GPA : la CEDH condamne la Suisse).

Les tarifs varient en fonction des techniques utilisées. Pour une fécondation in vitro, il faut par exemple compter entre 8 000 à 12 000 francs suisses (cf. L’ICSI, une procédure « coûteuse et invasive » conduisant à « une perte de temps »). Il n’y a aucune prise en charge par l’assurance maladie obligatoire, ni par les complémentaires santé pour les FIV. En revanche, jusqu’à 40 ans, la stimulation ovarienne avec insémination et les démarches afférentes sont généralement prises en charge par l’assurance obligatoire. Pour une insémination, le tarif varie de 1 000 à 1 500 francs suisses, médicaments compris. Un maximum de trois inséminations sont prises en charge suite à une stimulation ovarienne.

 

Source : Le Temps, Thomas Pfefferlé (15/06/2024)

Partager cet article

[supsystic-social-sharing id='1']

Synthèses de presse

Changement de genre chez les mineurs : la WPATH « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »
/ Genre

Changement de genre chez les mineurs : la WPATH « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

La WPATH a recommandé la prescription de « bloqueurs de puberté » et d’hormones du sexe opposé, sans attendre les conclusions ...
Don d’organes en Europe : une priorité de la présidence hongroise
/ Don d'organes

Don d’organes en Europe : une priorité de la présidence hongroise

Plusieurs mesures sont envisagées : augmenter les échanges transfrontaliers, le recours aux donneurs « marginaux » ou la généralisation du consentement présumé ...
Royaume-Uni : pas de hausse importante des suicides depuis la restriction des bloqueurs de puberté
/ Genre

Royaume-Uni : pas de hausse importante des suicides depuis la restriction des bloqueurs de puberté

Selon un rapport indépendant, le taux de suicide n'a pas fortement augmenté depuis que le NHS a restreint l'accès aux ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres