Création de spermatozoïdes in vitro : révolution ou répétition ?

Publié le : 18 septembre 2015

Le 17 septembre 2015, la société privée Kallistem, une start-up issue de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon, a tenu une conférence de presse à propos d’une « technologie de thérapie cellulaire permettant la différenciation des cellules souches germinales » permettant de « produire, hors du corps, des spermatozoïdes morphologiquement normaux ». Ils ont ainsi obtenu in vitro des spermatozoïdes de rat, de singe, puis d’homme.

 

L’annonce avait déjà été faite en mai (cf. Gènéthique des 7 mai  et 11 mai 2015). Depuis, les chercheurs lyonnais ont déposé un brevet, Artistem®, et ils « ont soumis à publication dans une revue scientifique le fruit » de 20 ans de recherche. « Première mondiale ou simple répétition d’une prouesse auto claironnée en juin dernier ? » s’interroge le journaliste et médecin Jean Yves Nau.

 

Kallistem a pu mettre au point cette technique « grâce à une collaboration avec Laurent David, professeur de l’université Claude Bernard Lyon 1 » et chercheur au CNRS. Les « spécialistes de la spermatogenèse in vitro » ont ainsi mis au point in vitro les conditions nécessaires à une spermatogenèse intégrale, qui dure 72 jours chez l’homme. Avec ce procédé, ils espèrent «  préserver la fertilité des jeunes garçons pré-pubères soumis à certaines chimiothérapies toxiques pour les gonades », et proposer une solution aux « 120 000 hommes adultes qui souffrent d’infertilité non prise en charge par les technologies actuelles ».

 

Cependant, cette « annonce » suscite les doutes de certains experts. Et l’équipe doit encore « éprouver la qualité de ces spermatozoïdes» d’un point de vue physiologique, biochimique et épigénétique.

 

Si ce travail venait à être validé par la communauté scientifique, « il se heurterait encore à des considérables difficultés méthodologiques et éthiques », « la loi française [interdisant] la création d’embryons humains à des fins de recherche ». Mais « le marché est prometteur et le futur n’attend pas  » conclu Jean Yves Nau.

<p>Jean-Yves Nau (17/09/2015) - CNRS (17/09/2015) - Dépêche AFP (17/09/2015) – Le Figaro (17/09/2015) Soline Roy</p>

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