Clonage de porcs et xénogreffes

Publié le : 4 janvier 2002

Deux sociétés de biotechnologies concurrentes annoncent être parvenues à créer des petits porcs clonés transgéniques. D’un côté, la firme écossaise PPL Therapeutics, à l’origine du clonage de la célèbre brebis Dolly, qui déjà en mars 2000 avait annoncé la naissance des cinq premiers porcelets clonés puis en avril 2001 celle des premiers porcs clonés transgéniques ( cf. revue de presse du 12/04/01 ). De l’autre, la compagnie Immerge Bio Therapeutics liée à la fois à l’université du Missouri Columbia et à Novartis Pharma. 

Mercredi 2 janvier, PPL therapeutics annonçait, par communiqué de presse, la naissance, le jour de Noël, de cinq porcelets vivants et en bonne santé appelés pour la circonstance : Noël, Angel, Star, Joy et Mary ! Les chercheurs ont génétiquement modifié ces porcelets en inactivant un gène responsable du rejet des organes de l’animal par le système immunitaire humain.

 

Or, les problèmes de rejet sont l’un des obstacles majeurs à l’utilisation des greffes interespèces, autrement dit les xénogreffes. C’est une des raisons pour laquelle l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe avait exigé en 1999 un moratoire sur les xénotransplantations et les Etats Unis ont cadré ces recherches de lourdes règlementations. En octobre 2001, le Comité scientifique directeur (SSC) de l’Union européenne recommandait la création d’une agence centrale pour le suivi et le contrôle des animaux utilisés pour les xénotransplantations.

La naissance de ces 5 porcelets ainsi que celle des 4 porcelets d’Immerge Bio Therapeutics (publiée dans la revue électronique de Science) serait un premier pas décisif dans la production d’animaux porteurs d’organes pour les humains. Néanmoins, des essais seront d’abord effectués sur des primates pour s’assurer que la greffe d’organes de porcs transgéniques ne provoque pas d’autres rejets. Ces expériences confirment toutefois que le porc répond le mieux aux exigences de greffes interespèces, la structure de ses organes s’apparentant le mieux à ceux de l’humain.

Les chercheurs de PPL envisagent de mener des essais cliniques chez l’homme dans environ 4 ans. D’abord vers des thérapies anti-diabètes par l’injection de cellules de porcs dans le pancréas de patients humains puis vers des greffes d’organes lourds (cœur, foie, rein).
Enfin, les analystes financiers estiment à 11 milliards de dollars par an le marché d’organes et de médicaments immunosuppresseurs.
 

Pour plus d’informations et approfondir le sujet, consultez :l’avis 61 du CCNE sur  » l’éthique et la xénotransplantation  » 
le moratoire de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (en anglais)

<p>Le Figaro (Jean Michel Bader) 04/01/02 - Libération (Sandrine Cabut) 04/01/02 - La Croix (Laurent d'Ersu) 04/01/02 - Sciences et avenir 03/01/02 - Nouvelobs.com 04/01/02</p>

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