Cellules souches : Un marché qui échappe à l’Agence américaine du médicament

Publié le 30 Juin, 2016

Une étude parue jeudi dans la revue Cell Stem Cell révèle que près de « 570 cliniques aux Etats-Unis proposent des soins basés sur des cellules souches qui n’ont pas été autorisés par l’Agence américaine des médicaments, la FDA », alors que « ces soins peuvent présenter des dangers ».

 

Ces cliniques se fournissent directement auprès de 350 entreprises américaines, et sont principalement implantées en Californie, en Floride, au Texas et dans la ville de New York. Dans 61% des cas, « les cellules souches sont dérivées de la graisse » et dans 48% elles « proviennent de la moelle osseuse ». Dans le 1% de cas restant, les cellules souches  « sont fabriquées en laboratoires à partir de cellules adultes ou embryonnaires ». Une seule clinique proposerait des traitements à base de cellules souches embryonnaires humaines. L’étude rappelle que ce sont des « traitements expérimentaux ».

 

Paul Knoepfler, chercheur à l’Université de Californie et principal coauteur de l’étude, explique qu’il y a eu « un changement par rapport au tourisme médical typique en quête de soins avec des cellules souches ». Aujourd’hui, il est possible « dans quasiment tous les états » d’avoir accès localement à ces thérapies.

 

Leigh Turner, coauteur de l’étude et membre du Centre de bioéthique de l’université de  Minnesota, commente : « Ce marché explose devant nos yeux et je ne pense pas qu’on était conscient de son étendue et de sa taille ». La FDA s’est, pour sa part, dite « préoccupée par le fait que l’espoir suscité chez des patients par des traitements dont la sûreté et l’efficacité restent à démontrer pourrait les rendre vulnérables à des sociétés ou individus sans scrupule, fournisseurs de soins contenant des cellules souches qui sont illégaux et potentiellement dangereux ». L’agence organisera en septembre deux réunions publiques sur les cellules souches, les tissus humains et leurs produits dérivés.

 

A la différence de la mise en garde publiée en début de semaine (cf. Mise en garde contre le tourisme des cellules souches), Paul Knoepfler, chercheur à l’Université de Californie et principal coauteur de l’étude, explique qu’il y a eu « un changement par rapport au tourisme médical typique en quête de soins avec des cellules souches ». Aujourd’hui, il est possible « dans quasiment tous les états » d’avoir accès localement à ces thérapies.

 

Les auteurs prévoient de prochaines études « sur les entreprises qui se livrent à de la promotion commerciale directe des thérapies avec des cellules souches ».

 

 

Note Gènéthique :

Un article publié par Gènéthique en début de semaine : Mise en garde contre le tourisme des cellules souches, soulignait l’existence d’un tourisme des cellules souches dans des pays « ne disposant pas d’un système de régulation efficace de l’offre de soins ». L’étude mentionnée montre que ce tourisme est déjà relayé localement, puisque désormais accessible dans tous les Etats-Unis. Avec les mêmes inconvénients.

AFP (1/07/2016)

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