Cellules souches adultes : une  »alternative d’efficacité comparable »

Publié le : 7 décembre 2009

La Vie consacre un article à la question de la nécessité de la recherche sur l’embryon. Se faisant l’écho de la publication des travaux de Marc Peschanski, qui faisait état d’une reconstitution d’épiderme sur des souris à partir de cellules souches embryonnaires humaines (cf. Synthèse de presse du 23/11/09), la journaliste rappelle qu’en France, la loi de bioéthique interdit actuellement les recherches sur l’embryon avec néanmoins des dérogations possibles si elles présentent "un intérêt thérapeutique majeur" et ne peuvent être poursuivies par une méthode "alternative d’efficacité comparable".

Or justement, le Pr John Wagner a présenté lors du Congrès international pour une "recherche responsable" sur les cellules souches, à Monaco, des résultats très encourageants réalisés à partir de cellules souches adultes. Il a réussi à reconstituer du derme et de l’épiderme sur sept enfants atteints d’épidermolyse bulleuse (cf. Synthèse de presse du 01/12/09). "Les résultats de Wagner" ne représenteraient-ils pas "une ‘alternative d’efficacité comparable’ à la recherche menée en France sur l’embryon ?"

Le Pr Jacques Suaudeau, , membre de l’Académie pontificale pour la vie constate : "Avec l’embryon, on nous promet depuis des années une source de cellules miraculeuses, mais nous attendons toujours, alors que 85 essais sur l’homme sont en cours dans le monde avec des cellules souches adultes". Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, estime que "les crédits étant limités, il n’est pas raisonnable de continuer à financer des travaux sur les cellules ES, alors que d’autres voies existent, avec moins de problèmes éthiques". Quant à la sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange, elle s’interroge ouvertement sur "la légitimité des travaux français à partir de cellules ES" qui sont, selon elle, effectués "hors du cadre légal".

Marc Peschanski affirme ne pas comprendre la polémique : "Pour avancer, il faut pouvoir comparer les techniques. Et l’on aura toujours besoin de se référer à la cellule embryonnaire".

Alors que certains chercheurs réclament la mise en place d’une autorisation de la recherche sur l’embryon, que la ministre de la Santé Roselyne Bachelot se prononce pour la reconduction d’un système dérogatoire qui conserve l’idée de transgression, et que l’Eglise Catholique l’interdit formellement pour ne pas instrumentaliser de vies humaines, le Parlement des lois de bioéthique va devoir trancher.

La Vie (Claire Legros) 03/12/09

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