Cellules embryonnaires humaines : pas de résultats concrets

Publié le : 27 octobre 2010

Le Figaro revient sur les débats suscités par l’annonce de la firme de biotechnologie américaine Geron corporation qui a débuté un essai clinique sur l’homme utilisant des cellules souches embryonnaires humaines (Cf. Synthèse de presse du 12/10/10 et du 15/10/10). Cet essai vise à traiter un patient souffrant d’une paralysie partielle après des lésions de la moelle épinière. Dans le monde, nombre d’équipes recherchent des traitements pour guérir les personnes handicapées après un traumatisme de la moelle épinière. L’idée est d’intervenir le plus rapidement possible, pour tenter d’activer une repousse des fibres nerveuses abîmées, laquelle est impossible lorsque la cicatrisation définitive est faite.

L’essai de Geron, qui avait été interdit sous la présidence de George Bush, puis autorisé par Barack Obama, vise à évaluer la tolérance des patients aux cellules souches embryonnaires humaines, appelées GRNOPC1, qui leur sont injectées au niveau de la moelle épinière, dans les quatorze jours après l’apparition de la lésion. Très médiatisé, l’essai provoque des controverses, certains experts suspectant Geron d’avoir communiqué de façon très précoce, avant tout résultat, afin de "redorer son blason en bourse". D’autres chercheurs récusent l’intérêt même du protocole lancé par Geron.

En France, le Pr. Marc Peschanski, directeur de l’unité Inserm 861, explique que "ces recherches reposent sur une publication de Hans Keirstead qui a montré chez le rat adulte ayant subi des lésions de la moelle épinière au niveau cervical qu’une injection de cellules souches embryonnaires humaines pouvait améliorer la mobilité […] L’objectif d’un tel traitement serait d’éviter l’extension des lésions lors de la phase initiale du traumatisme et de réduire au maximum le risque de séquelles". A l’inverse, le Pr. Alain Privat, directeur de l’unité 583 de l’Inserm, ne cache pas sa réserve sur la pertinence de cet essai : "à ce jour, ces cellules souches embryonnaires humaines sont encore suspectées d’induire des risques de cancérisation non maîtrisées. Par ailleurs, l’efficacité de ce type de greffe n’a pas été démontrée sur d’autres modèles que le rat. Or, les cellules embryonnaires se transforment en oligodendrocytes qui sont des cellules de soutien, mais pas des cellules nerveuses. La possibilité de reprise de la mobilité paraît impossible avec un tel protocole". Le Pr. Privat travaille sur un essai de thérapie génique sur le porc, avec injection d’ARN au niveau d’une lésion incomplète de la moelle épinière. Le but est d’empêcher la cicatrisation de la lésion pour favoriser la repousse des cellules nerveuses.

Un autre chercheur français, le Pr. Jean Chazal, chef du service de neurochirurgie du centre hospitalier universitaire de Clermond-Ferrand, travaille sur un protocole utilisant des cellules souches adultes du patient qui sont réinjectées au niveau de la lésion.

Le Figaro (Martine Perez) 25/10/10

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