Belgique : 16 702 avortements déclarés à la Commission d’évaluation en 2021

Publié le 7 Mar, 2023

D’après les données du nouveau rapport de la Commission nationale d’évaluation de l’interruption volontaire de grossesse[1], 16 702 avortements ont été déclarés en 2021 en Belgique. Un chiffre auquel il convient d’ajouter 371 avortements pratiqués aux Pays-Bas sur des femmes belges, et 157 avortements non comptabilisés, la déclaration ayant été introduite trop tard. En 2020 la Commission avait recensé 16 585 interruptions volontaires de grossesse déclarées.

Les avortements médicamenteux en hausse

Les femmes étaient en moyenne âgées de 29 ans sur la période 2020-2021, en majorité de 25 à 35 ans. Les avortements sont en « nette baisse » chez les 15-29 ans depuis les années 2010-2011, et stagnent chez les 30-39 ans.

Les avortements médicamenteux sont en hausse, atteignant une proportion de 38% contre 29% en 2019. Un peu plus de 1% des femmes ayant avorté ont subi des complications, « toutes méthodes d’avortement confondues ». Des complications de nature très diverses, allant du malaise vagal à la septicémie.

Des motifs divers

4 687 femmes ont déclaré avoir avorté car « la grossesse n’(était) pas souhaitée ». 60% des femmes ayant avorté en 2021 étaient célibataires. 9 avortements ont été pratiqués en raison du sexe de l’enfant à naître, en dehors de motif médical.

Par ailleurs, de « nombreux centres » indiquent que des « problèmes socio-économiques », des « difficultés familiales importantes », des « situations administratives irrégulières » ou encore des « situations psychosociales complexes » sont à l’origine de « beaucoup » de demandes d’avortement.

La gestion des avortements « hors délai »

Au-delà de 12 semaines de grossesse, le délai légal en Belgique, les femmes « sont dirigées vers des “structures relais” qui les prendront en charge à l’étranger ». C’est seulement si le délai légal y est là aussi dépassé, que « ces femmes se voient encouragées à choisir un accompagnement par des organismes afin de poursuivre leur grossesse et choisir si besoin l’adoption ».

Ce que déplore le docteur Chantal Kortmann, membre de la Commission. Elle souhaiterait en effet que l’information donnée aux femmes soit « rééquilibr[ée] », « en présentant davantage les solutions alternatives comme l’adoption ».

Des avortements sous contraception

56% des femmes ayant eu recours à l’avortement utilisaient une méthode de contraception, 18% le faisaient « correctement ». Une question invoquée pour étendre le délai autorisé pour avorter : les femmes sous contraception n’ayant pas de règles, elles découvrent leur grossesse « trop tard ».

Afin de « garantir une réelle liberté de choix aux femmes » concernant la contraception, le Dr Kortmann propose de « diversifier les méthodes » en faisant connaître aussi les méthodes non hormonales. Ces méthodes devraient être remboursées au même titre que la contraception hormonale, estime-t-elle.

Un nombre d’IMG sous-estimé

En 2021, 144 interruptions médicales de grossesse ont été déclarées à la Commission belge. Des avortements « sous-déclarés » indique la Commission qui précise que le nombre devrait être multiplié par 8 « au minimum ».

Les « périls graves » invoqués par la femme pour recourir à ce type d’avortement sont divers : la « situation psychosociale difficile (indication psychiatrique) », ainsi que la « décompensation psychique », et, parmi les « affections graves et incurables de l’enfant », la trisomie 21.

Face à cette hausse des demandes d’interruptions de grossesse, « certains gynécologues ressentent un sentiment de saturation psychologique et émotionnelle ».

 

[1] La Commission rappelle qu’elle est « tributaire des données qui lui sont fournies ».

Source : Institut européen de bioéthique, Rapport avortement 2020-2021 en Belgique : note de synthèse (02/03/2023) – Photo : iStock

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