Autoconservation des ovocytes : des réactions très réservées

Publié le : 28 octobre 2014

L’autoconservation des ovocytes permet à une jeune femme de faire prélever ses ovocytes, puis de les congeler (méthode de vitrification). Elle pourra les faire décongeler, puis féconder in vitro, avant des se les voir réimplanter en vue d’une grossesse. Aussi, l’annonce par deux grandes entreprises Apple et Facebook de prendre en charge à hauteur de 20 000 dollars les traitements contre l’infertilité de leurs salariés, y compris l’autoconservation des ovocytes (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 15 octobre 2014), suscite de nombreuses réactions, notamment de la part des autorités médicales et scientifiques.

 

Le quotidien La Croix rapporte les propos de Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, qui remarque qu’« aujourd’hui, quand une femme de 25 ans devient enceinte, on lui dit qu’elle est bien jeune pour cela. Or, c’est pourtant le bon âge, d’un point de vue biologique. Le message essentiel doit d’ailleurs rester : ‘ Faites des enfants jeunes.’ »  D’autant que Rachel Levy , vice-présidente des Biologistes des laboratoires d’étude de la fécondation et de la conservation de l’œuf (Belfco), explique qu’ « après une vitrification, le taux d’accouchement variait, en fonction du nombre d’ovocytes ponctionnés, entre 22 et 46 %. Il faut donc rester très prudent et ne pas donner de faux espoirs aux femmes ». Pour Louis Bujan, président de la fédération des Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) : « On crée l’illusion que la science peut tout, que l’on peut avoir un enfant à n’importe quel âge, alors que la procréation est quand même un processus naturel. (…) Il faudrait se poser la question de savoir pourquoi les femmes reculent leurs projets de maternité ».

 

De son côté, Jérôme Ballarin, président de l’Observatoire de la parentalité en entreprise, se dit « choqué » par cette annonce : « C’est en réorganisant la vie professionnelle autour de la vie privée et non en faisant l’inverse que nous construirons une société équitable et épanouie ». Une perspective que souligne Dominique Quinio dans son éditorial du jour, pour qui il s’agit davantage de « bâtir une société, un monde du travail, un environnement, qui permettent aux couples de mettre au monde des enfants, avec la disponibilité et la santé nécessaire pour accompagner sereinement leur éducation. En acceptant parfois certains renoncements personnels. »

 

<p>La Croix (Flore Thomasset - Dominique Quinio) 28/10/2014</p>

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