Australie : prélèvement d’organes sur des patients encore vivants ?

Publié le 22 Oct, 2008

Le professeur James Tibballs, du service des soins intensifs en néonatalogie au Royal Children’ Hospital de Melbourne dénonce dans the Journal of Law and Medicine le non respect de la procédure du don d’organes. Il explique que les malades ne sont pas toujours morts quand on leur prélève leurs organes.

Il rappelle que la loi prévoit que l’on puisse prélever les organes quand l’arrêt de l’activité du cerveau ou de la circulation sanguine est irréversible. Il explique que les critères cliniques concept de mort cérébrale qui sont utilisés pour constater la mort ne signifient pas la cessation irréversible de toutes les fonctions du cerveau. Ce concept de mort cérébrale serait une notion introduite par opportunisme dans la loi australienne en 1977 pour développer le nombre de greffes.

Il remarque que quand il s’agit de prélèvement d’organes, "la question aujourd’hui n’est pas de savoir si la mort est présente ou non mais plutôt si le patient est "suffisamment mort"". Bien que les autorités gouvernementales disent aux donneurs qu’ils sont morts cérébralement, James Tibballs affirme lui, que le plus souvent les donneurs sont sans chance de survie mais seulement très prêts de la mort.

Pour améliorer le diagnostic de la mort, le Dr Tibballs propose que l’on pratique un test de flux sanguin au niveau du cerveau.

Cette nouvelle intervient après que le premier ministre, Kevin Rudd, qui a bénéficié d’une transplantation cardiaque, ait annoncé un plan de 136 million de dollars pour augmenter le nombre de transplantations.

Certains spécialistes considèrent que cette annonce est irresponsable car il s’agit d’un point technique médical qui risque d’entrainer une diminution du nombre de dons d’organes. Le professeur Geoffrey Dobb, président du comité sur le don d’organes et de tissus de la société des soins intensifs d’Australie et de Nouvelle Zélande, explique que les australiens peuvent avoir confiance car s’ils sont en situation de mort cérébrale, cela signifie qu’ils sont bien morts. Il explique que la position du professeur Tibballs ne reflète le point de vue que d’une minorité.

D‘autres médecins comme le Dr Graeme Duke du Northern Hospital’s Critical Care Department estime que le Dr Tibballs a identifié des ambigüités dans la procédure du don d’organes qui ont besoin d’être éclaircies. "L’Australie est l’un des meilleurs pays pour la transplantation d’organes dans le monde et nous voulons qu’elle le reste. Nous voulons améliorer la qualité de nos normes et nos procédures", conclut-il.

The Age 20/10/08 – Practicalethicsnews.com 20/10/08

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