En Argentine, « la Cour d’appel de Río Negro a confirmé, à la majorité, la condamnation du médecin Leandro Rodríguez Lastra pour entrave à un avortement légal ». Le 4 octobre 2019, le médecin avait été condamné à un an et deux mois de prison, ainsi que deux ans et quatre mois d’interdiction d’exercer une fonction publique (cf. En Argentine, un gynécologue obstétricien jugé coupable de non-avortement). En Argentine, l’avortement est légal en cas de viol, ce qui était le cas pour cette femme, ou quand la vie ou la santé de la mère est en danger.
Le juge Custet affirme qu’« ignorer la voix d’une femme, méconnaître ses besoins vitaux, soumettre les droits reproductifs, dévaster le psychisme et asservir le corps pour forcer une grossesse après un viol, c’est nier le statut de sujet de droits de la victime et c’est incarner la violence de genre dans sa forme la plus douloureuse ». Pour l’avocat du médecin, Damián Torres, il s’agit « d’une décision “idéologique” ». Le juge Cardella s’en défend déclarant qu’« il n’est pas non plus question d’autoriser l’interruption volontaire de grossesse ». Selon l’avocat, les juges ayant voté la confirmation de la condamnation « ne citent pratiquement pas les témoins », alors que « le juge qui s’est basé sur la loi et les preuves du procès a voté l’acquittement ». Il indique son intention de faire appel devant la Cour supérieure de justice.
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Río Negro, Guillermo Berto (11/03/2020)